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Epinal - Préfecture des Vosges


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Carte du diocèse du Puy en Velay
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Le Puy en Velay en 1607

Le Château d'Épinal fut un des plus anciens de la Gaule Belgique ; que cette ville, qui s'appelait Chaumont, fut ruinée et désolée par les Vandales vers l'an 406 ; rebâtie en 431, elle fut détruite encore vers 636; qu’étant devenue déserte, on n'y vit dans la suite que ronces et épines, d'où cet emplacement fut nommé Spinal, ou Espinaulx, du mot latin Spina, épine. Suivant d'autres auteurs, ce nom viendrait du sommet pointu de la montagne au pied de laquelle la ville est assise.
Quoi qu'il en soit, ce n'est qu'à la fin du Xème siècle que commence l'histoire d'Épinal.
En 980, Thierry Ier, évêque de Metz, éleva au bord de la Moselle un Monastère et une Église où il transféra le corps de saint Goëry, qui avait occupé l'évêché de Metz au VIème siècle. Le successeur de Thierry, Adalbéron Il, établit dans l'Église des Religieuses, à qui il donna la règle de saint Benoit.
Autour de cette Église et de ce Monastère se groupèrent les habitations d'Épinal. L'Église, qui renfermait les reliques du saint, fut consacrée par un autre saint, Gérard, évêque de Toul, et devint bientôt un pèlerinage si renommé, qu'elle se trouva trop petite pour le grand concours de gens qui venaient y implorer le secours de saint Goëry contre le « mal des ardents»; dès le XIème siècle, il fallut en bâtir une plus grande, qui fut consacrée par le pape Léon IX. Mais, dès cette époque aussi, les Religieuses d'Épinal commençaient à s'écarter de la règle austère établie par Adalbéron. Lorsque, en 1094, Poppon, évêque de Metz, vint visiter l'Abbaye, une Religieuse, qu'on disait avoir le don de prophétie, se plaignit à lui du relâchement qu'elle voyait parmi ses compagnes. L'avenir justifia ses craintes ; car au XIIIème siècle, un évêque de Toul ayant entrepris de rétablir dans le Monastère la règle primitive, ces dames lui firent signifier que, bien qu'elles vécussent religieusement et qu'elles célébrassent louablement l'office divin, néanmoins elles ne faisaient pas profession de l'Ordre de Saint- Benoît, ni d'aucun autre. Elles finirent par se séculariser entièrement, par être immédiatement soumises au Saint-Siège.
Au XVIIIème siècle, elles avaient deux costumes, l'un pour l'intérieur et l'autre « pour la ville et le monde ».
Comme c'était un évêque de Metz qui avait fondé le Monastère, ses successeurs prétendirent naturellement à la souveraineté d'Épinal, et ils la conservèrent longtemps. L'un d'eux, Jacques de Lorraine, fit fortifier la ville au XIIIème siècle. Cette souveraineté ne s'exerça pas sans contestation. D'une part, les bourgeois de la ville se soulevèrent souvent contre les prétentions ou la tyrannie des évêques. De l'autre, les seigneurs, qui recevaient des évêques eux-mêmes le titre d'avoués, c'est-à-dire de défenseurs du Monastère, abusèrent de leur pouvoir contre ceux mêmes de qui ils le tenaient. En 1139, l'évêque Étienne de Bar fut obligé de recourir au duc de Lorraine, Mathieu Ier, pour faire rentrer dans le devoir l'avoué d'Épinal, qui s'était retranché dans le Château et qui refusait de reconnaître la souveraineté de l'évêque.
Quant aux bourgeois, leurs démêlés avec les évêques se renouvelèrent fréquemment. Il est vrai que cette sujétion avait parfois des conséquences fort désagréables. C'est ainsi que des bourgeois d'Épinal furent saisis, en 1289, par les créanciers de Burchard, évêque de Metz, sous prétexte qu'étant ses sujets, ils étaient responsables de ses dettes. C'est ainsi encore qu'à la même époque le comte de Bar et le duc de Lorraine, ne pouvant obtenir de l'évêque Laurent le payement de 8,000 livres, s'emparèrent d'Épinal. Plus d'une fois les évêques furent obligés de céder dans leur lutte contre les bourgeois.
En 1387, Raoul de Coucy donne sa parole d'évêque de maintenir et garder les « bourgeois de la ville d'Épinal » dans leurs franchises et libertés anciennes, et veut que celles qu'ils ont obtenues de ses prédécesseurs demeurent dans leur valeur. Mais la bonne intelligence ne dura guère entre les bourgeois et leurs suzerains. En 1429, sous l'épiscopat de Conrad de Boppart, qui avait poussé à bout la patience des bourgeois et qui même perdit un procès contre eux en cour de Rome, Épinal se mit enfin sous la protection de René d'Anjou, duc de Bar et époux de l'héritière de la Lorraine. En 1441, ils passèrent une convention du même genre avec Louis, fils de René. Ils étaient disposés à se donner à tout le monde, paraît-il, excepté à leur évêque, car, en 1444, Charles VII étant venu en Lorraine, les députés d'Épinal vinrent le trouver à Nancy pour lui offrir la souveraineté de la ville. Charles VII accepta, fit une entrée solennelle à Épinal, ordonna de placer les armes de France sur les Tours, et les bourgeois prêtèrent serment de fidélité entre les mains du roi.
L'évêque réclama et cita les bourgeois à comparaître en cour de Rome. Comme ils ne parurent pas au jour fixé, le pape Nicolas V mit la ville en interdit. Charles VII négociait avec le pape et l'évêque, quand il reçut une nouvelle réclamation. L'empereur d'Allemagne, Frédéric III, se plaignait que le roi de France eût occupé sans plus de formalité une ville qui relevait de l'empire. On ne sait ce qu'il advint de ce démêlé. Mais, sous Louis XI Épinal accepta, du consentement du roi, la souveraineté du duc de Lorraine, Jean, fils de René. Le 21 juillet 1400, le fils du duc Jean se présenta à l'entrée de la ville et jura avant d'entrer, le maintien de ses anciennes franchises envers et contre tous, « notamment contre l'évêque de Metz ».
Depuis cette époque, les habitants d'Épinal, fidèles à leur choix, demeurèrent toujours soumis aux ducs de Lorraine. Sous le règne de René II, la place d'Épinal fut occupée par les troupes de Charles-le-Téméraire, qui avait pour allier l'évêque de Metz. Mais elle ne souffrait qu'avec peine de se voir au pouvoir des Bourguignons. Les paysans de la campagne s'obstinaient à ne pas vouloir porter leurs provisions à Épinal, ce qui réduisit les soldats et les bourgeois à une extrême disette. Les magistrats envoyèrent secrètement auprès de René II, qui était en Alsace, des délégués qui convinrent de lui livrer la ville. René parut devant Épinal au jour convenu le 8 septembre 1470 et aussitôt les bourgeois prirent les armes. Les Bourguignons intimidés prièrent les magistrats de faire leur composition avec le duc, et obtinrent de partir avec armes et bagages.
Épinal jouit d'une assez grande tranquillité jusqu'au règne malheureux du duc Charles IV, où de dures épreuves lui étaient réservées. En 1633, la place est occupée par l'armée française du maréchal de La Force, comme presque toutes les villes de Lorraine. En 1635, le duc Charles, qui avait deux fois signé son abdication, rentrait en Lorraine par les Vosges et refoulait le maréchal de La Force vers Lunéville. Mais la garnison française d'Épinal fit une longue et vigoureuse résistance. Jean-Baptiste de Lameran, qui y commandait, s'y défendit avec tant de résolution que, la ville et le Château ayant été pris d'assaut, il demeura, lui cinquième, entre les mains des officiers lorrains, qui le tinrent prisonnier pendant une année entière et lui firent payer cher sa liberté. L'année suivante se produit une nouvelle occupation des Français. Un conseiller de la ville introduit le duc Charles pendant la nuit peu de temps après. En 1637, Épinal se revoit au pouvoir des Français.
Moins d'un an après, quand Turenne se laissa battre à Remiremont, un détachement de la petite armée du duc rentra dans Épinal. Charles IV, lassé de son existence vagabonde, signa, en 1641,1e Traité de Saint-Germain qui lui rendait la Lorraine, mais en le dépouillant de toute indépendance. A peine arrivé à Épinal, il renouvela par-devant notaire une protestation déjà faite à Paris contre tout ce que la France exigeait de lui. En même temps, il traitait avec le comte de Soissons et le duc de Bouillon, grands ennemis de Richelieu. Une armée française reparut devant Épinal, au mois d'août 1641. Il fallut employer le canon pour que la ville se rendît. Le baron d'Hurbach, gouverneur, s'étant retiré dans le Château, on se servit de la mine pour faire brèche. Le Château pris, restait le Donjon, où le brave d'Hurbach tint encore un jour avant de se rendre.
C'était la coutume, quand il avait fallu employer le canon contre une ville pour la réduire, de lui prendre ses cloches ou de les lui faire racheter; mais il est dit dans un des articles de la capitulation accordée à la ville que l'on ne demandera rien pour le rachat des cloches, bien que le canon eût été tiré.
Louis XIII mourut en 1043, précédé dans la tombe par son terrible ministre.
Le nouveau roi était mineur elle pouvoir aux mains d'une femme.
Le duc Charles n'eut garde de laisser échapper cette occasion et reparut en Lorraine. Ses troupes rentrent dans Épinal. Elles y sont assiégées par le maréchal de La Ferlé. Le maréchal fait faire une grande brèche, mais n'ose donner l'assaut. Berce et Remirecourt, qui commandaient dans la place, lui mandent que, si la brèche n'est pas assez grande, ils lui feront abattre encore cinquante pas de muraille afin qu'il puisse venir à eux plus aisément et livrer bataille au milieu de la ville. La Ferté ne jugea pas à propos d'accepter l'offre et se retira en louant la valeur des Lorrains.
Mais l'année suivante, il revint et cette fois entra dans la place d'Épinal, qui ne fut rendue au duc qu'à l'époque du Traité de Vincennes signé le 28 février1661. Quelques années plus tard, le duc Charles, se disposant à rompre de nouveau avec la France, vint à Épinal, qu'il fit fortifier avec soin. Louis XIV, se doutant de ses intentions, fit envahir la Lorraine par le maréchal de Créqui. La place d'Épinal fut investie au mois de septembre 1670. Les assiégés firent deux sorties si vigoureuses que Créqui parlait déjà de convertir le siège en blocus. Mais la division se mit entre les troupes lorraines et leurs chefs. Peut-être même le gouverneur était-il gagné à la France. Ce qui est certain, c'est que, dès le 26 septembre, il proposa de se rendre. Créqui ne se contenta pas des conditions qu'il offrait, et en exigea de plus humiliantes, qui furent acceptées. La ville fut alors démantelée. En 1674, Charles IV rentra un moment en possession d'Épinal. Mais, à sa mort, la ville était déjà reprise par les Français.
Le Traité de Ryswich rendit Épinal au duc Léopold. À partir de cette époque, sous les règnes pacifiques de Léopold, de François et de Stanislas, l'histoire de cette ville ne présente plus rien d'important. Un édit de Stanislas, rendu en 1751, assure à Épinal, conjointement avec Nancy, le monopole de la fabrication des caries à jouer. Lorsque, en 1742, sur la demande de Louis XV, Stanislas forma des bataillons de troupes lorraines pour prendre rang dans l'armée française, ces bataillons furent désignés par des noms de villes : Épinal, Neufchâteau. C'est à cette époque aussi que furent construites les Casernes que l'on y voit encore. En 1790, Épinal devint le chef-lieu du département des Vosges. En 1814, la ville fut occupée par les Wurtembergeois qui faisaient partie de l'armée d'invasion commandée par Schwarzenberg. En 1815, les Bavarois s'y établirent et y levèrent de fortes contributions. En 1870, les Allemands occupèrent encore et pressurèrent Épinal. Épinal, dont le passé est si plein de souvenirs guerriers, est une ville assez bien bâtie quoique mal percée, divisée par la Moselle en Grande-Ville, sur la rive droite ; Petite-Ville, dans une Ile formée par le Canal et par la rivière



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