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Tarbes - Préfecture des Hautes-Pyrénées

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Plan de Tarbes
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Tarbes

Tarbes (Tarba, Castrum Bigorra), était appelée par les Romains Tarva,Turba ou Tarba. La Notice de l'empire la désigne ainsi Tarba, ubi castrum Bigorra, à cause d'une petite forteresse qui s'y trouvait et qui devait son nom aux habitants du pays, Bigerri, Bigerrones.
Cette forteresse, qu'avait servi aux habitants de lieu de refuge pour leurs objets précieux dans la lutte contre Rome, devint ensuite la résidence d'un chef militaire de l'empire. Quelques auteurs citent même le nom d'un Crassus, lieutenant de César. Le premier évêque de Tarbes est, d'après la Gallia Chritiana, saint Just, qui vivait vers 420.
Dans les siècles qui suivirent la chute de l'empire, le pays et la ville furent successivement ravagés par les invasions successives des Goths, des Vandales, des Alains, des Vascons et des Sarrasins ; mais on ne possède sur cette période aucun document authentique.
L'histoire n'a quelques clartés qu'à dater de la venue des Normands, qui détruisirent la ville de fond en comble les habitants, dispersés et réduits à la dernière misère, tombèrent dans un état presque sauvage. Ce fut Raymond Ième qui releva la ville et reconstruisit ses murailles au Xème> siècle. C'est lui aussi qui fonda sur les frontières du Bigorre et du Béarn ; le monastère de Saint-Pierre ou Saint-Pé. Le comte Centulle en fit don quelque temps après à l'évêque de Tarbes. Un nouveau prélat monta vers cette époque sur ce siège épiscopal, et son caractère violent donna lieu à quelques scènes comme nous en avons vu de semblables à Auch. Un gentilhomme, Guillaume Raymond de Barthrez, mourut à Ludux, aujourd'hui Loubajac, et, en exécution de ses dernières volontés, ses parents prièrent les moines de Saint-Pé de l'enterrer dans leur église. Ceux-ci se rendirent à Ludux avec tout l'appareil funéraire et dirent l'office des morts ; mais, au moment où ils se disposaient à emporter le corps dans leur abbaye, l'archidiacre Bernard d'Azereix fond sur eux avec des gens armés, s'empare du défunt et le porte à Tarbes. La métropole ecclésiastique de Tarbes avait été d'abord Eause; depuis la destruction de cette ville, c'était Auch. Les moines se plaignirent donc à l'archevêque d'Auch et au comte Centulle. Le comte cita les deux parties à comparaître devant lui en son château de Lourdes, et là, en présence d'une nombreuse assemblée, la preuve testimoniale ayant été admise, l'évêque fut déclaré Coupable ; il fut condamné à céder à l'abbaye de Saint-Pé le quart de dîme qu'il percevait à Séméac, moyennant la cession, en dédommagement, que fit l'abbaye, du cazal de Saint-Martial, qu'elle possédait à Tarbes auprès de l'église Sainte-Marie de la Sède.

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Réclame d’une fabrique de conserves

Nous n'avons point de charte de commune particulière à Tarbes, mais il n'est pas douteux que cette ville n'en ait reçu une de Centulle III ; car nous voyons Esquivat, en 1268, accorder la confirmation de ses fors (coutumes et privilèges). La commune élisait six consuls ou juras qui formaient un tribunal sous la présidence du viguier du comte appelé aussi bayle ou bailli. Par la suite, ils portèrent un costume particulier à leur dignité municipale ; c'était une simarre mi-partie bleu et rouge, sur le dos de laquelle étaient représentées les armes de la ville un écu écartelé aux premier et quatrième de gueule, aux Deuxième et troisième d'or plein.
Il est probable que la commune embrassait à la fois la ville et le bourg, quoique la ville, entourée de murs et de fossés, appartint à l'évêque, tandis que le bourg était le domaine du comte. Le XIVème siècle fut malheureux pour Tarbes. En 1353, une famine et une peste terribles firent périr plus de la moitié des habitants, parmi lesquels fut l'évêque. Sept ans après, malgré les protestations des Bigorrais, la province était livrée aux Anglais par le traité de Brétigny, et le prince Noir faisait solennellement son entrée à Tarbes en compagnie de Gaston-Phoebus de Foix. Il faut toutefois reconnaître que l'administration anglaise se montra douce aux Tarbais, et le prince Noir lui-même, en 1366, par lettres datées d'Angoulême, confirma « tous leurs privilèges, coutumes et libertés antiques. Tarbes fut la dernière ville que les Anglais conservèrent dans la province lorsqu'ils en furent chassés.
L'époque la plus funeste pour Tarbes fut celle des guerres de religion. Les calamités dont cette ville avait été accablée au temps des Normands furent renouvelées, comme on va le voir. Le clergé, alors fort ignorant à Tarbes comme ailleurs, n'avait point su lutter d'influence avec les prédicateurs de la religion nouvelle, parmi lesquels se distinguait un certain carme appelé Solon. Le protestantisme fit des progrès assez considérables dans le Bigorre.
La majorité resta pourtant catholique à Tarbes ; mais les calvinistes avaient pour eux, à défaut du nombre, la protection de Jeanne d'Albret, reine de Navarre et comtesse de Bigorre. Pour leur complaire, elle interdit aux catholiques de Tarbes les processions publiques, et autorisa l'existence simultanée des deux religions. Les calvinistes abusèrent de cette protection, et bientôt Jeanne elle-même, venue à Tarbes pour présider les états de la province, fut obligée de rendre un édit pour réprimer leurs désordres. Le pays n'avait point encore gravement souffert, lorsque la guerre arriva avec Montluc et Terride, envoyés par Charles IX pour détruire les protestants du Midi. Montgomery, lieutenant de Jeanne, s'avança pour leur tenir tête. Ce terrible chef calviniste fut le fléau de Tarbes.
La ville, n'ayant pas voulu ou pas pu payer à temps une contribution qu'il exigeait, fut envahie et saccagée par lui les habitants l'avaient quittée avant son arrivée et s'étaient réfugiés dans les montagnes.

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Les Pyrénées vues de Tarbes

Les églises Saint-Jean et Sainte-Marie de la Sède et le couvent des carmes furent détruits de fond en comble.
A peine les Tarbais étaient rentrés dans leur ville, que le vicomte de Montamat, lieutenant de Montgomery, vint en faire le siège le 20 janvier 1570. La résistance ne fut pas bien longue, mais fut assez énergique. « Il y avait dans le bourg Vieux, dit la chronique de Mazières, deux bons arquebusiers, l'un nommé Imbert, facteur de la maison de Prai, et l'autre Guonet, serrurier lesquels ne tiraient aucun coup sans porter dommage, et eux deux, à la faveur de la lune qui estait belle et claire, blessèrent et tuèrent un grand nombre de soldats assiégeants. » Cependant les calvinistes ayant réussi à détourner l'eau des fossés, la place dut se rendre. La plupart des habitants n'avaient pas attendu ce moment pour s'enfuir. Au reste Montamat se montra clément. S'il permit à ses soldats de piller la ville, il renvoya libre et sans rançon le capitaine Forgues, qui avait vaillamment défendu la place, et se contenta de mettre à contribution le juge d'Opeaux et le syndic du pays de Bigorre.
Tarbes subit peu de temps après un second siège plus sérieux. Montamat l'avait laissée déserte et sans garnison. Les Tarbais, honteux de laisser inhabitée la capitale de leur comté et rougissan peut-être enfin de la pusillanimité qui les avait portés deux fois à s'enfuir avant l'arrivée de l'ennemi, se hasardèrent à rentrer ; mais ils eurent soin de se faire accompagner par François de Bonasse, qui commandait huit cents hommes de guerre à Lourdes. Ce vaillant capitaine s'enferma avec eux et leur jura de mourir avec tous les siens pour leur défense. A cette nouvelle, Montamat Accourt : Bonasse, ne pouvant défendre les faubourgs, les brûle, et retarde ainsi les efforts des assiégeants. Cependant Montamat, ayant fait avancer son artillerie, commença à battre les murs du bourg Vieux, la brèche fut ouverte le second jour et on monta à l'assaut. Bonasse, animant les siens par son exemple, repousse les assaillants et les culbute dans les fossés. Une seconde attaque ne réussit pas mieux, mais coûta tant de monde aux assiégés, que Bonasse résolut de se retirer pendant la nuit par la porte de Nolibos. Une trahison l'empêcha d'exécuter ce dessein un de ses lieutenants, qui correspondait secrètement avec les ennemis, persuada à Bonasse qu'il était de son honneur de rester dans la place, y introduisit par une fenêtre basse plusieurs soldats ennemis, et convint avec Montamat que l'assaut serait renouvelé le lendemain.

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Marchand de fromages des environ de Tarbes

« Ayant doncques l'aurore guidé sur l'orison le fatal et triste jour qui devoit faire de la ville de Tarbe le cimetière de tant de vaillants soldats et capitaines, grossir et rougir les ruisseaux de sang humain, tapisser les rues de Tarbe d'herbes vertes comme un pred durant la saison printanière, voicy que M. de Montamat se présente à l'assaut, assuré d'estre secouru de ceux qu'il avait jetés dans la ville. Bonasse, d'autre part, et ses gens se trouvèrent à la bresche bien armés et mieux encouragés pour se bien défendre. Comme ils sont venus aux mains, et que d'une guerrière audace chacun tâche d'abattre ce qu'il a devant, ceux qui estoient entrés par la fenestre sortent à la veue et accourent furieusement envelopper les gens de Bonasse par derrière les assiégés, se voyant attaqués de deux endroits et ne sçachant ce que ce pouvoit estre, furent bien estonés et combattirent en confusion et désordre jusqu'à ce qu'estant pressés et oppressés de la multitude, ils n'eurent plus aucun moyen de se défendre, ains furent taillés en pièces ou faits prisonniers de guerre. Bonasse mourut en combattant après avoir veu défaire sa compaignie. » Les prisonniers furent égorgés, beaucoup d'habitants eurent le même sort. On compta deux mille morts que les paysans des campagnes voisines, après la retraite de Montamat, passèrent huit jours à ensevelir dans les fossés et les puits. « Cecy fust environ la feste de Pasques de la susdite année 1570. Depuis ença la ville de Tarbes demeura sans habitants, et l'herbe creut par les rues comme en un pred, qu'estoit chose fort déplorable à voir, et passèrent trois ans entiers durant lesquels n'y eut aucune garnison aussi n'estoit-elle dérensable à cause des ruines que le canon y avoit faites. » Tarbes fut encore plusieurs fois victime de la guerre. Elle trouva enfin le repos sous la sage administration de Catherine, sœur de Henri de Bourbon (Henri IV), nommée par lui régente du pays de Bigorre. Les partis religieux jouirent sous cette princesse d'une égale tolérance. Cette heureuse paix ne fut troublée que par une entreprise que firent les ligueurs, en 1592, à l'instigation du clergé et des moines de Tarbes. Lâchement abandonnée par ses défenseurs, cette ville fut prise par eux mais elle souffrit beaucoup moins que les campagnes, où ces brigands répandirent la désolation. Jamais, depuis le commencement des troubles, on n'avait fait une guerre aussi funeste aux pauvres paysans ; « car, dit la chronique, il y avoit un capitaine qui avoit son bagage assorti de cinq-cents moutons; l'autre d'une troupe de juments; l'autre de vaches et généralement capitaines, soldats, valets et volontaires estoient si chargés de meubles que la charge leur en estoit ennuieuse. Aussi, après ce brigandage, les païsans de Bigorre abandonnèrent la culture des terres par manque de bestailh, et la plus grande partie d'iceux print la route d'Espagne. » En général, la majorité des Tarbais, comme aussi des Bigorrais, demeura, en fait de religion, également éloignée des extrêmes, de la Ligue et du calvinisme. Aussi, point de mouvements religieux sous Louis XIII. Sous Louis XIV, nous ne voyons que la suppression des maires électifs par tout le Bigorre, et leur remplacement par des maires héréditaires ce qui ne laissa pas d'affliger les habitants attachés à leurs vieux privilèges que Henri IV leur avait confirmés.
Le siècle le plus heureux fut le XVIIIème. Plus de guerres ni d'atteintes aux libertés. Un vent plus doux soufflait sur la France. Partout l'impulsion donnée par les philosophes poussait l'administration dans la voie des améliorations et des grands travaux d'utilité publique.
Tarbes paya son tribut à l'invasion en 1814. Une rencontre eut lieu sur son territoire entre les troupes françaises et un corps anglais venant d'Espagne. La victoire de l'ennemi n'entraîna aucun dommage notable pour la contrée ; c'est sur un autre théâtre que devaient se décider les destinées de la France. Un beau pont de six arches fut bâti à Tarbes entre 1742 et 1743 ; un haras royal, qui depuis a pris de magnifiques développements, en raison des avantages que le pays offre pour l'élevage des chevaux, y fut établi en 1784. La Révolution ne fit point déchoir Tarbes, qui devint le chef-lieu du département. Elle envoya à nos grandes assemblées Bertrand Barrère de Viensac, le célèbre conventionnel il était né en 1755, et était fils d'un consul de cette ville. Barrère étudia le droit à Toulouse, son esprit s'ouvrit aux idées libérales, et, dès avant 1789, il avait de lui-même abandonné les revenus du petit fief de Vieusac que sa famille possédait dans la vallée d'Argelès, ce qui lui avait valu des remerciements écrits de la part des habitants. Un procès de famille l'appela à Paris. « Tu vas, lui dit son père, dans un pays qui sera bientôt très dangereux. La corde est trop tendue, il faut qu'elle rompe. » Par son esprit, son talent d'écrivain, la grâce de sa figure, il devint bientôt, comme dit Mme de Genlis, l'homme de toutes les académies, de tous les salons. Ses compatriotes l'envoyèrent à la Convention il en devint président, puis membre du comité de Salut public. En 1815, il fut encore choisi par eux pour représentant mais la Restauration l'exila, et il ne revit sa patrie, ses chères Pyrénées, qu'en 1830. Il se laissa nommer, en 1834, membre du conseil municipal de sa ville natale, et en exerça consciencieusement les fonctions jusqu'à sa mort survenue en 184t1.
Tarbes n'est pas une ville fort considérable. Elle offre peu de chose aux souvenirs. Elle n'a pour monuments anciens que son château, devenu la prison ; la tour, qui en est le seul reste important, a été classée parmi les monuments historiques.
Ce que Tarbes peut montrer avec orgueil, c'est la belle plaine qui l'entoure, si fertile, si bien cultivée, si habilement arrosée en tous sens de ruisseaux d'eaux vives, détournées de l'Adour, si gracieusement ornée de ces vergers où la vigne se marie aux arbres et les unit par de verts festons ; si belle, enfin, à contempler du haut des terrasses et des belvédères dont plusieurs maisons de la ville sont judicieusement pourvues. C'est surtout cette magnifique chaîne des Pyrénées qui forme le fond du tableau, en hiver tout éclatante de blancheur sous la neige où brille le soleil ; en été, non moins belle et plus sombre avec ses flancs noirs que couronnent quelques cimes encore neigeuses. Cette situation privilégiée a été très habilement exploitée pour la création de charmantes promenades au nombre desquelles le jardin Massey, près de la gare du chemin de fer, mérite une mention particulière.



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