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Alençon - Préfecture de l'Orne

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Plan d'Alençon
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Alençon

C'est une jolie ville, généralement bien bâtie, située dans une grande et fertile plaine qu'entourent de grandes forêts.
Son histoire se confond avec celle du comté, que nous avons esquissée. Elle se trouvait située entre deux voies romaines, mais aucune n'y aboutissait, et cela suffirait pour prouver qu'à l'époque impériale Alençon ne possédait pas une grande importance.
En effet, ce n'était encore, au milieu du VIIIème siècle, qu'une centenie ou chef-lieu de cent paroisses.
Néanmoins, quelques antiquités gauloises et romaines, trouvées près de là, prouvent que les Gaulois et des Romains ont occupé son emplacement.
L'évêque du Mans, saint Liboire, y édifia une Église au IVème siècle, et la centenie d'Alençon fut comprise par Charlemagne parmi les possessions de l'évêché du Mans.
La puissance d'Alençon s'accrut rapidement pendant la période normande, et s'affirma par la construction d'un Château.
Après la réunion de la province à la Couronne, Alençon vit souvent ses faubourgs ravagés par l'invasion étrangère.
La paix lui rendit et augmenta sa prospérité. Vers la fin du XVème siècle s'élevèrent la plupart de ses édifices religieux. Pendant les guerres de Religion, la ville joua un rôle important.
Préparée à accueillir favorablement la Réforme par le séjour qu'y fit la belle duchesse d'Alençon, Marguerite, sœur de François Ier, cette ville compta bientôt parmi ses habitants un assez grand nombre de partisans des idées nouvelles. Une partie du clergé et des magistrats étaient Protestants.
Les excès auxquels les Huguenots se livrèrent, au commencement du règne de Charles IX, le pillage de l'Eglise Notre-Dame, de Saint-Blaise et du Couvent de l’Ave-Maria, amenèrent une véritable anarchie.
Les Catholiques s'armèrent pour se protéger. L'un d'eux, patron du corps des bouchers, les réunit et leur donna l’ordre de se munir de leurs assommoirs, de leurs coutelas, et, suivis de leurs chiens, d'escorter ainsi la procession de la Fête-Dieu.
En commémoration de cet événement, une procession annuelle des bouchers ainsi armés et escortés se fit à Alençon jusqu'en 1789.
Les Protestants du Mans, conduits par Georges d'Argenton et par Thibergeau, vinrent appuyer leurs coreligionnaires ; ils s'emparèrent de la ville et pillèrent de nouveau les Églises. Thibergeau se fit, dit-on, une bandoulière avec des oreilles de prêtres ; mais il est bon de ne pas croire trop facilement à ces horreurs, qu'en tout temps l'histoire écrite par les vainqueurs prête trop généreusement aux vaincus.
L'ordre fut rétabli bientôt dans la ville.
« Il paraît même, disent de La Sicotiére et Poulet-Malassis, que les protestants et les catholiques arrivèrent à se partager presque également les fonctions municipales. Sur les douze habitants choisis chaque année pour administrer les revenus de la ville et de l'hôpital, six devaient être de la religion réformée, ainsi que deux des quatre échevins et l’un des présidents laïques de l'hôpital. Enfin le procureur-syndic devait être alternativement un catholique et un protestant. »
Montgomery, chef des Protestants, s'empara d'Alençon. Mais la ville fut bientôt reprise, el le gouverneur Matignon sauva les Protestants à l'époque de la Saint-Barthélemy, conduite aussi prudente que généreuse, car ils étaient très nombreux dans le pays.
En 1574, les Protestants s'emparèrent encore une fois d'Alençon.
En 1579, le roi de Navarre, Henri IV, s'y réfugia lorsqu'il eut réussi à s'échapper de la cour, ainsi que le duc d'Alençon, un des chefs des mécontents.
C'est à Alençon que Henri rentra publiquement dans le sein de l'Église protestante et renia le Catholicisme qu'on lui avait fait embrasser à l'époque de la Saint-Barthélemy. On raconte qu'au moment où il entra au prêche, le cantique marqué par ce jour, et que chantaient les Fidèles, se trouvait être, par hasard, le psaume XXI; il commençait ainsi :

Seigneur, le roi sejouira
D'avoir eu délivrance.

Henri en fut frappé et se rappela avec émotion que, pendant qu'il fuyait la cour quelque temps auparavant el qu'il passait la Seine à Poissy, un de ceux qui l'accompagnaient lui avait fait chanter le même psaume.
Au temps de la Ligue, Alençon resta fidèle à Henri III ; mais la place fut prise et rançonnée par le duc de Mayenne. Assiégée de nouveau par le maréchal de Biron, un des généraux de Henri IV devenu roi, elle eut beaucoup à souffrir de l'artillerie royale, et la garnison des Ligueurs fut obligée de capituler.
Henri IV avait besoin d'argent ; il se fit payer par la ville 17,000 écus qu'elle devait encore au duc de Mayenne sur le prix de sa capitulation.
Ainsi, Protestants et Catholiques s'unissaient pour épuiser la pauvre cité.
Plus tard, nous voyons Henri IV la vendre, ainsi que le duché, au duc de Wurtemberg.
Le rachat ne s'en effectua que sous la régence de sa veuve, Marie de Médicis.
Au XVIIème siècle, l'existence d'Alençon ne fut troublée qu'à l'époque de la révocation de l'Édit de Nantes.
Mme de Guise, alors duchesse d'Alençon, encouragea les persécutions contre les Protestants ; elle alla jusqu'à faire exhumer et jeter à la voirie les restes de ceux qui étaient enterrés, puis réunit leur Cimetière à ses jardins, montrant ainsi que, dans cette basse profanation, son intérêt trouvait aussi bien son compte que son zèle pour la pureté de la foi.
Au commencement du XVIIIème siècle, Alençon eut à subir la famine et les épidémies.
En 1726, le blé se trouva aussi cher que pendant l'affreuse année de 1700. La disette, cette fois, tenait moins aux rigueurs des saisons qu'à l'avidité barbare des accapareurs.
« Des perquisitions sont ordonnées dans les maisons, disent les auteurs de l'ouvrage déjà cité ; les possesseurs de grains sont forcés de les vendre à un prix déterminé ; c'est le maximum de 1793 ! Les moines de Perseigne résistent à l'enlèvement de mille boisseaux cachés dans le clocher et sur la voûte de leur église, et une lutte violente s'engage entre eux et les archers.»
D'autres famines vinrent les années suivantes désoler Alençon.
Mais le commerce des toiles et du point, qui avait eu beaucoup à souffrir de l'expulsion des Protestants, se raffermit : Alençon reprit sa prospérité ; un nouveau Quartier s'éleva; le Donjon et les Fortifications disparurent.
Celte ville fut, comme toute la France, agitée par l'explosion de 1789.
Quelques désordres y furent provoqués par de Caraman, qui, au mois d'octobre, après le banquet des gardes du corps, à Versailles, avait fait retirer aux soldats qu'il commandait la cocarde nationale, et rétabli la cocarde blanche.
L'évêque refusa, en 1791, le serment constitutionnel et fut remplacé à l'élection.
Après le 31 mai, Alençon sembla d'abord se prononcer pour la Gironde, mais se soumit bientôt à l'autorité de la Convention.
La même année, l'armée vendéenne ayant été battue et mise en déroule au Mans, un grand nombre de Vendéens furent pris, conduits et fusillés à Alençon.
Plus tard les environs de la ville furent désolés el ensanglantés par les Chouans.
Après la mort de leur chef, de Frolté, le calme se rétablit.
Il n'a plus cessé jusqu'à nos jours.
Il ne reste plus de l'ancien Château d'Alençon, qu'une Tour et un Pavillon. Le reste a été démoli en 1783 pour construire l'Hôlel-de-Ville; ce vaste édifice, dont la façade est semi- circulaire, contient le Musée qui est assez riche.
La Tour de l'ancien Château, qui sert aujourd'hui de Prison, se compose de deux Tours juxtaposées, d'une forme élégante el pittoresque.
Elle fut longtemps l'habitation des gouverneurs du Château.
La Cathédrale Notre-Dame, qui date du xv° siècle, est, après celle de Sées, le monument le plus remarquable du département. Le chœur et le clocher seuls sont modernes ; cette partie avait été détruite par un incendie au xvni 0 siècle, et a été rebâtie dans un style lourd, sans élégance, qui présente un triste contraste avec le reste du monument. Les belles sculptures du portail ont été achevées seulement en 1617. La chaire, qui, si l'on en croit la tradition, fut construite au xvi° siècle, par un condamné à mort, auquel ce travail valut sa grâce, est fort artistique, ainsi que les riches vitraux de l'Eglise.
L'Eglise Saint-Léonard, qui date de la fin du xv° siècle, a été commencée, par René, duc d'Alençon, et terminée par Marguerite, sa veuve.
La Préfecture est l'ancien Château de Mme de Guise, bâti dans la première moitié du xvne siècle et qui fut plus tard occupé par l'intendance.
Les autres monuments sont : le Palais de Justice, l'Asile des aliénés, la Halle aux grains, la Halle aux toiles, le Tribunal de Commerce, l'Ecole Normale, le Théâtre. La Bibliothèque est établie dans l'ancienne Église des Jésuites.
Alençon est célèbre par ses dentelles en Point d'Alençon ou Point de France. « Primitivement cette dentelle, dit Odolant-Desnos, se fabriquait à Venise; mais Colbert, voulant enlever cette industrie à l'étranger, dont le luxe français se trouvait tributaire pour cet objet, fit venir de cette ville une dame Gilbert, native d'Alençon et habile à fabriquer cette dentelle ; il lui fil une avance de 150,000 fr. Dès lors, celle dame forma des ouvrières, monta la manufacture de points de France à Alençon, la fit constituer par lettres patentes du 5 août 1676, et obtint un privilège exclusif jusqu'en 1685. Malgré ces mesures, Louis XIV, pour assurer une garantie de durée et de prospérité à celte fabrique, prohiba en outre l'entrée des dentelles de Venise, de Gênes, de Flandre et d'Angleterre, par une ordonnance de 1684. Depuis cette époque jusqu'en 1812, la fabrication du point d'Alençon ne fit que prospérer, et la plupart des familles riches de cette ville doivent leur fortune à cette industrie. La fabrication du point d'Alençon est fort longue ; elle employait environ 2,000 ouvrières, qui gagnaient jusqu'à deux francs par jour. Ces ouvrières se servaient de fil du prix de 100 à 1,800 francs la livre, qu'on tirait de Flandre, et leurs produits étaient dirigés sur Paris ou exportés dans toute l'Allemagne. Maintenant celle industrie, qui s'étendait jusqu'aux environs d'Argentan, est totalement tombée. »
La dentelle d'Alençon aujourd'hui Installé dans des locaux municipaux de l'ancien collège des Jésuites abritant également le musée des Beaux-Arts et de la Dentelle et, dans sa chapelle, la bibliothèque municipale, l’Atelier national du point d’Alençon [archive], a été créé en 1976 et rattaché à l’administration du Mobilier national. Héritier de la Manufacture nationale du point de France fondée par Colbert en 1665, afin de freiner les importations de dentelle au point de Venise, il succède à l’École dentellière, maintenue jusqu’à nos jours par la congrégation des sœurs de la Providence, avec le soutien de la Chambre de commerce d’Alençon.
Aujourd’hui, l'Atelier national préserve et transmet, sous l’égide du ministère de la Culture, la tradition et la technique de ce point de dentelle particulier tout en s’efforçant d’en renouveler la technique en transplantant les caractéristiques du « point d’Alençon » sur de nouveaux matériaux et en créant de nouvelles gammes de produits dérivés. L'atelier participe à l’ameublement et à l’enrichissement des collections nationales par la création de dentelles d’après des modèles d’artistes contemporains, tels que Paul-Armand Gette, Pierrette Bloch, Christian Jaccard, Esther Shalev-Gerz, Éric Gizard.
La dentelle d'Alençon a été inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO le 16 novembre 20101, après avoir été inscrite à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.
Les Châteaux sont très nombreux autour d'Alençon.
Citons : à Colombiers, les restes d'un Aqueduc romain ; à Héloup, le Menhir de Pierre- Longue ; à La, Roche-Mabile, des ruines de Fortifications.

La Dame Blanche du château d'Alençon


Le Château


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Le château d'Alençon

Une légende locale affirme qu'une dame blanche y revient la nuit; c'est le spectre de Marie Anton, femme d'un des plus anciens châtelains. Son mari s'étant longtemps absenté, la pauvre femme fut faussement accusée auprès de lui par un chevalier qui prétendit avoir été son amant. Le châtelain furieux saisit l'enfant qu'elle avait mis au monde pendant son absence, lui brise la tête contre la muraille et fait attacher sa femme à la queue d'un cheval. Quand celui-ci s'arrêta épuisé, la malheureuse respirait encore. Le châtelain, déguisé en prêtre, s'approcha de la mourante et reçut sa confession, espérant y trouver l'aveu d'une infidélité, et, pour sa conscience, quelque justification. Marie Anton, reconnue innocente, mourut sous les yeux de son mari, lui accordant le pardon de sa mort, mais sans vouloir lui pardonner celle de son enfant.



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