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Beauvais - Préfecture de l'Oise

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Plan de Beauvais
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Vue de Beauvais

Beauvais (Cæsaromagus, Bellovaci, Bellovacum)., César nous apprend que la ville principale des Bellovakes était Bratuspantium.Des savants illustres, Scaliger, Hadrien de Valois, l'historien Loysel, ont voulu que cette ville gauloise ait existé sur l'emplacement occupé aujourd'hui par Beauvais. Cette opinion est aujourd'hui à peu près complètement abandonnée, et des découvertes archéologiques nombreuses donnent à penser que l'oppidum gaulois mentionné par César n'est autre que la petite ville de Breteuil, située à 24 kilomètres N.-E. de Beauvais, c'est l'avis de Mabillon, et l'illustre d'Anville s'y est à peu près rangé.
Ptolémée appelle du nom de Cæsaromagus la cité des Bellovakes la Table de Peutinger mentionne cette ville, et elle est désignée dans l'Itinéraire d'Antonin comme point de départ d'un chemin allant à Lutetia par Petromantalum et Briva Isara. La Notice des Gaules, rédigée sous Honorius, dit civitas Bellovacorum, d'où est venu, après de nombreuses variantes, Bellovacum, qu'on a traduit par Beauvais. Nous sommes obligés de passer rapidement sur les fables qui se rattachent à la fondation de cette ville. On peut supposer que César et Auguste ne permirent pas aux compagnons du Bellovake Corrée de demeurer dans la ville qu'avait illustrée leur valeur et qui rappelait les souvenirs de la nationalité et de l'indépendance ; Bratuspantium dut être forcément abandonnée, et ses habitants se fixèrent dans le lieu qui, du conquérant, prit le nom de Cæsaromagus. Le premier fait constant qui se rattache à l'histoire de cette cité remonte au règne de Néron. Les actes de saint Lucien nous apprennent que, sous cet empereur, la ville reçut des fortifications. Les Bellovakes s'étaient pliés à la domination romaine après la conquête de César et avaient formé, au service de ce nouveau maître, une légion dite de l'Alouette (alauda), à cause de l'oiseau, symbole de vigilance, qu'ils portaient sur leur casque gaulois. Ils restèrent fidèles à Rome aussi longtémps que l'empire résista aux attaques réitérées des barbares.
La misère produite par les incursions et les ravages des Francs et des Allemands fut telle, sous Constantin, qu'elle paraît avoir exigé la présence de cet empereur à Beauvais. Un auteur contemporain dit qu'il rendit dans cette ville, en 320, une loi relative aux immunités des vétérans. Au Vème siècle, la cité des Bellovakes fut une des quarante-neuf cités qui participèrent en Gaule au grand soulèvement des Bagaudes.

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Vue de Beauvais

Peu après, le chef des Francs, Clodion, s'avança jusqu'à Beauvais et s'empara de cette ville en 434 ; Attila survint ensuite et la brûla en 450. Les Francs restèrent maîtres de Beauvais après la victoire de Clovis sur Syagrius, fils d’Ægidius, dernier patrice romain de la Gaule.
Dans les derniers temps de la domination romaine, les évêques avaient remplacé les officiers impériaux dans l'administration des affaires temporelles ; ils avaient acquis le titre de defensores civitatis ; leur autorité ne fit que s'étendre sous les Francs, qui s'appuyaient sur le clergé catholique.
Mais toute cette époque est très obscure et il faut aller jusqu'à la seconde race pour trouver des faits particuliers concernant l'histoire de Beauvais. Hildemances, moine de Corbie, devint évêque de Beauvais en 821. Ce prélat prit parti pour les fils de Louis le Débonnaire dans leur rébellion contre leur père. L'année même de la mort de cet empereur survenue en 840, Beauvais vit pour la première fois les northmans (autre nom des Normands), qui la brûlèrent. En 845, Charles le Chauve y réunit un concile de tous les évêques du royaume, et le sage Hincmar fut élu archevêque de Reims.
Une bande de pirates northmans parut de nouveau dans le Beauvaisis en 860 ; Beauvais fut pillée et saccagée mais, attaquée pour la troisième fois par ces mêmes Northmans en 877, elle se défendit et les repoussa. Cependant, en 883, elle tomba en leur pouvoir. A cette époque, Beauvais commença à former un comté appartenant à la riche maison de Vermandois. Eudes II transmit en 1013 le titre de comte à son frère Roger, évêque de Beauvais. Cette dignité fut dès lors conservée aux prélats de cette ville et mit le comble à leur puissance temporelle.
Bientôt ils y ajoutèrent les titres de pairs de France et de vidame de Gerberoy et furent comptés parmi les premiers dignitaires du royaume. Mais un élément nouveau, appuyé sur les rois de France et profondément hostile à la féodalité, ne tarda pas à intervenir et à entrer en guerre avec ces puissants seigneurs. Les bourgeois se formèrent en conjuration communale. Il est probable qu'à Beauvais ; comme dans un grand nombre de villes gauloises qui avaient longtemps vécu sous l'administration romaine, la tradition des libertés municipales n'avait jamais été complètement interrompue. Les désordres éclatèrent de 1099 à 1101, dans les dernières années de l'épiscopat d'Ansel. L'association des bourgeois fut dirigée primitivement contre le châtelain ou capitaine de la cité, qui occupait une des principales portes de la ville. Après la mort de l'évêque Ansel, le chapitre prit part à la querelle ; les bourgeois en appelèrent au roi Louis le Gros, qui intervint en 1115. Deux seigneurs puissants, Lancelin, comte de Dammartin, et Thomas de Marle, de la puissante maison de Coucy, mirent à profit les discordes qui agitaient Beauvais pour s'emparer momentanément de cette ville et ravager son territoire.

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Vue de Beauvais

En 1144, Louis le Jeune confirma la charte communale de Beauvais. Les habitants acquirent le droit de se prêter un secours mutuel et d'élire treize pairs, entre lesquels un ou deux devaient être nommés majeurs. Ces officiers municipaux étaient chargés d'administrer la justice. Le maire ou majeur et les douze pairs étaient nommés annuellement. Cette concession ne mit pas fin aux troubles qui agitaient Beauvais. D'autres malheurs fondirent en même temps sur cette ville infortunée ; un terrible incendie la consuma presque entièrement en l'année 1180. Les conflits de juridiction entre les bourgeois et l'évêque se renouvelèrent sous le règne de Philippe le Bel. Depuis Philippe-Auguste, les évêques se montraient fort attachés à la royauté et s'étaient acquis de la sorte sa protection.
A la bataille de Bouvines (1214), Philippe de Dreux, évêque de Beauvais, « plus attaché au service de Mars qu'à celui de Jésus-Christ », s'était distingué entre tous les hommes d'armes. Armé d'une massue pour ne pas verser le sang, selon les prescriptions de l'Église, il avait porté le désordre et la mort dans les rangs de l'armée ennemie. Un de ses successeurs, le fameux évêque Simon, servit Philippe le Bel avec zèle pendant sa guerre contre les Flamands. De retour dans son évêché, il prétendit ravir aux bourgeois les privilèges qui leur avaient été accordés par les chartes antérieures ; une contestation s'éleva, à la suite de laquelle l'évêque fit enlever, par son bailli, le maire et deux pairs et les fit jeter en prison. Cette première fois, le différend fut porté devant le parlement, qui donna gain de cause à la commune. En 1305, de nouveaux désordres plus graves s'élevèrent ; la tyrannie de l'évêque Simon fut si insupportable au peuple qu'il y eut un soulèvement universel dans la ville l'évêché fut pris et dévasté, et Simon, chassé de son siège, reçut en dérision le nom de Simon le Dévêtu.

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La cathédrale de Beauvais

Il se retira au village de Saint-Just, près de Clermont, et excommunia les habitants. Ceux-ci se seraient peu souciés de ce châtiment spirituel, qui leur venait d'un homme si peu recommandable par ses qualités morales, mais le roi de France intervint. Philippe le Bel fit en même temps arrêter le maire et saisir le temporel de l'évêque il examina le différend et donna gain de cause à Simon, qui appartenait à l'importante maison des comtes de Clermont et de Nesle, et dont les deux frères étaient l'un connétable et l'autre maréchal de France. Les magistrats municipaux furent condamnés à lui demander pardon à genoux et à réparer les dévastations commises. C'est alors que furent construites les tours de l'ancien évêché, aujourd'hui le palais de justice. Simon mourut en 1312 ; ses successeurs se montrèrent moins hostiles que lui à l'existence de la commune ; d'ailleurs les événements de l'invasion anglaise mirent forcément fin aux discordes civiles. En 1346, Beauvais se défendit avec courage contre l'armée du roi Édouard III, quelques jours avant la funeste bataille de Crécy.
Nous avons vu dans l'histoire du département que Beauvais avait eu à souffrir des désordres causés par l'insurrection des Jacques. Pendant la lutte des Armagnacs contre les Bourguignons, le trop fameux Pierre Cauchon, partisan de ces derniers, fut nommé, en 1420, évêque de Beauvais et fit reconnaître dans cette ville l'autorité de Henri V, après la conclusion du traité de Troyes, en 1420. Jeanne d’Arc reprit Beauvais, après sa victoire de Gerberoy. Trois ans plus tard, les Anglais faillirent de nouveau s'emparer de cette place, qui ne fut sauvée que par le dévouement de plusieurs de ses habitants. Lorsque la guerre cessa, la misère était à son comble dans cette malheureuse cité. L'illustre Juvénal des Ursins, qui en occupait alors le siège épiscopal, s'efforça de réparer les désastres causés par un siècle de ravages, et, vers la fin du règne de Charles VII, Beauvais commençait à voir renaître sa prospérité, quand la guerre que fit Louis XI, son successeur, aux derniers grands vassaux de France ramena l'ennemi sous ses murs.
Le fait le plus célèbre de l'histoire de cette ville se rattache à cette époque. En 1472, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, reprit les armes contre Louis XI, qu'il accusait d'avoir fait périr par le poison son frère Charles de Guyenne, et s'avança avec 80,000 hommes sous les murs de Beauvais. La place n'avait qu'une très faible garnison, mais les habitants résolurent tous, d'un commun accord, de se défendre. Le duc de Bourgogne fit donner deux assauts dans la première journée. Déjà la porte de Bresle et le faubourg de Saint-Quentin sont en feu, les remparts battus en brèche ; les hommes n'étant pas assez nombreux, dans la ville assiégée, pour les défendre, les femmes se portent à leur secours, versant sur les ennemis de l'huile bouillante, faisant écrouler sur eux des monceaux de pierres, combattant même les armes à la main. Une d'entre elles, Jeanne Laisné, se distingua plus que toutes les autres. Un soldat bourguignon, parvenu à l'extrémité d'une échelle, plantait son étendard sur la muraille Jeanne l'abat d'un coup de hache et se saisit de l'étendard, glorieux trophée que Beauvais conserve encore aujourd'hui dans son Hôtel de ville. Les Bourguignons cédèrent devant tant de courage. La procession de Sainte-Angadresme fut instituée en souvenir de ce glorieux fait d'armes ; cette procession a lieu encore chaque année ; les femmes y ont le pas sur les hommes et marchent immédiatement après le clergé ; les jeunes filles tirent le canon. L'héroïne du siège retint le nom de Jeanne Hachette. Louis XI la maria et, en récompense de sa valeur, l’exempta à jamais, elle, son mari et ses enfants, de toute taille et de toute charge publique.
L'histoire de Beauvais cesse, n’a plus aucun intérêt jusqu'à l'époque de la Réforme. En 1560, l'évêque Odet de Châtillon abjura le catholicisme ; des désordres éclatèrent dans la ville, et Odet fut forcé de se sauver en Angleterre. Beauvais eut le bonheur d'être une des villes où la Saint-Barthélemy ne fit pas de victimes. Cependant les désordres continuèrent ; les pauvres se soulevèrent en 1577 contre les riches bourgeois. Trois ans plus tard, la peste exerça dans la ville ses terribles ravages.
En 1589, les habitants de Beauvais adhérèrent à la Ligue, la guerre civile recommença et quelques massacres eurent lieu mais, après l'abjuration de Henri IV, cette ville se soumit à lui en même temps que Paris et le calme put renaître.
Beauvais se rattache à l'histoire du XVIIème siècle par plus d'un souvenir Racine y fit ses études, et Colbert y fonda, en 1664, une succursale de la manufacture des Gobelins, à Paris. Il y avait, près de Beauvais, une abbaye très ancienne et très importante, celle de Saint-Lucien, dont Bossuet fut abbé. Nous avons dit plus haut la part que prit cette ville à la Révolution.
En 1814, elle subit l'occupation étrangère ; en 1870, un corps de 2 000 Saxons en prit possession.
Cette ville est située au confluent de l'Avelon et du Thérain, Il existait sur le mont Capron, à l’est de la ville, un temple, et on a trouvé à plusieurs reprises des débris de statues, des fragments de colonnes et des pierres chargées d'inscriptions romaines qui avaient servi aux fondations de la ville.
Au XVIIème siècle, en creusant le sol pour construire l'hôtel de la châtellenie, on trouva une pierre sur laquelle était inscrit le nom de Quintus Cicéron, fun des lieutenants de César ; en 1752, on découvrit plusieurs médailles en bronze ; l'une d'elles portait les noms de Trajan et d'Adrien.



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