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Vannes - Préfecture du Morbihan

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Plan de Carcassonne
Vannes

Vanne (Gwenet, Wennet, la Blanche, la Belle, comme l'appelèrent les Celtes, aujourd'hui chef-lieu du département, au fond du golfe du Morbihan, à 46 kilomètres de son embouchure. Elle est disposée en amphithéâtre sur une colline au pied de laquelle coule la petite rivière du Lizier. Pour savoir si elle jouissait d'une grande importance avant la conquête romaine, il faudrait avoir décidé si Dariorig, la capitale des Vénètes, était situé à Vannes ou à Locmariaquer, qui se disputent cet honneur sansqu'on ait pu jusqu'ici trancher cette difficulté. Soumise aux Romains avec toutes les cités des Vénètes, Vannes fut entourée de fortifications et mise en communication par quatre grandes routes avec, Locmariaquer, Corseult, Redon, Rieux, Nantes, Port-Navalo.
Deodatus y prêcha le christianisme au IVème siècle. Conan Mériadec passe pour y avoir établi le premier évêque, Judicaël. Selon d'autres, ce n'est qu'au siècle suivant que l'église épiscopale de Vannes prit naissance par l'installation de Paterne, à l'occasion de laquelle Perpetuus, évêque- de Tours, convoqua à Vannes un concile en 465 (398).
Elle resta ainsi soumise aux souverains de la Bretagne jusqu'au milieu du VIème siècle, à la mort d'Hoël 1er. Depuis ce moment, elle eut des comtes particuliers qui tantôt indépendants et tantôt obligés de reconnaître les rois francs, souvent en lutte avec leurs voisins, se signalèrent en général par un caractère de barbarie mêlée de violence et de perfidie. Warroch, l'un d'eux, après avoir refusé le tribut à Chilpéric, l'époux de Frédégonde, battit ses troupes, consentit victorieux à payer mille sols et un tribut annuel, rompit le traité, attaqua de nouveau les Francs, ravagea le comté de Rennes, et, voyant son propre comté ravagé à son tour par le comte de Rennes, se jeta sur celui de Nantes, dont ses soldats coupèrent et emportèrent chez eux toutes les vendanges en 579.
Vannes reconnut l'autorité des Carlovingiens jusqu'à Charles le Chauve, qui, le dernier, y battit monnaie. Noménoë à cette époque, enveloppa cette ville dans ses grands desseins d'indépendance bretonne, et substitua à l'évêque Susannus un évêque de son choix. Celui-ci, en 874, seconda le comte Pasquiten dans le complot qui amena l'assassinat du roi Salomon au pied des autels.
Nous ne reviendrons pas sur les luttes des comtes de Vannes et de Rennes. Au milieu du XIIème siècle, Vannes fut conquise par Henri II, roi d'Angleterre.
Dans la querelle de Charles de Blois et de Montfort, les bourgeois de cette cité ne se prononcèrent franchement pour l'un ni pour l'autre. Charles de Blois s'en empara en 1342, et aussitôt Jeanne de Monfort accourut pour l'en chasser. Un premier assaut échoua ; mais Robert d'Artois, qui était parmi les assiégeants, divisa l'armée en trois corps, en fit marcher deux à' l'attaque pendant la nuit à la lueur de grands feux allumés, tandis que le troisième filait d'un autre côté silencieusement et dans les ténèbres. Tous les défenseurs de la ville s'étant portés à la rencontre des deux premiers corps, elle fut surprise par le troisième et tomba au pouvoir des Anglais. Mais, peu de temps après, Clisson, Hervé de Léon et Beaumanoir la reprirent de vive force par un beau fait d'armes. Robert d'Artois, grièvement blessé dans la retraite, alla mourir en Angleterre. Les seigneurs du parti français gardèrent Vannes avec le même courage qui leur avait servi à la reprendre. Ils repoussèrent Édouard III lui-même, malgré l'importance que ce prince attachait à la conquête de cette place, lorsqu'il écrivait au prince de Galles, son fils, « que la cité de Vanes est la meilleure ville de Bretaigne après ville de Nautes et que sauns estre seur de ladite ville, on ne pouvait l'être du pays. » Un peu plus tard ( 1380), elle fut pourtant occupée par les Anglais sous le commandement du duc de Buckingham, mais du plein gré des habitants, qui, voyant Montfort triompher, ouvrirent leurs portes au capitaine anglais en lui faisant jurer qu'il sortirait de la ville quinze jours après qu'il en serait requis par eux. Pendant son séjour, Vannes fut témoin d'un de ces combats chevaleresques dont la guerre de Cent ans offre tant d'exemples. Cinq chevaliers français, à la suite d'un défi jeté sous les murs de Nantes, combattirent contre cinq chevaliers anglais à cinq coups de lance, cinq coups d'épée, cinq coups de hache et cinq coups de dague. Les champions anglais furent tous vaincus. Un de leurs compatriotes, Farrington, ne put supporter cette humiliation nationale et crut l'effacer en recourant à une perfidie qui ne fit qu'ajouter une flétrissure honteuse à une défaite honorable. Il feignit un mal au genou et descendit dans la lice sans cuissards, priant son adversaire de se dégarnir de même pour égaliser la lutte. Celui-ci (c'était le seigneur de Chastel-Morant, un des vainqueurs de la veille) y consentit par courtoisie, et l'Anglais, traîtreusement, dès le troisième coup de lance, lui perça la cuisse. L'indignation des deux armées fut égale. Buckingham fit arrêter le chevalier déloyal et offrit à Chastel-Morant de le lui livrer en lui envoyant 50 nobles dans un gobelet d'argent. Aussi généreux que son adversaire l'avait été peu, Chastel-Morant demanda qu'il fût mis en liberté, renvoya l'argent et ne garda que le gobelet.
L'importance de Vannes dans ces guerres attire sur elle l'attention des ducs de Bretagne. Souvent déjà ils y avaient résidé, ils occupaient alors le château de la Motte, dont la première fondation remontait au comte Warroch, mais qui avait été reconstruit au VIIIème siècle. Jean VI voulut posséder dans cette ville une résidence plus magnifique et donner en même temps à la place une défense nouvelle. Dans ce but, Il fit construire le château de l'Hermine, dont les murs se rattachaient à ceux de Vannes. Ce château était en construction, lorsque Jean IV, jaloux de la puissance d'Olivier de Clisson, qui venait d'ajouter à sa grande fortune le titre de connétable de France et qui méditait une alliance avec la famille de Charles de Blois, résolut de s'en débarrasser par la perfidie. En 1381, Il convoqua des états à Vannes. Clisson y vint avec le sire de Laval, son beau-frère le vicomte de Rohan, son gendre, et le sire de Beaumanoir. Jean leur fit un accueil plein de grâce, les traita magnifiquement au château de la Motte, et, avant de les laisser se retirer, leur proposa de visiter l'Hermine. On s'y rendit, on but avant d'entrer. On visita la bâtisse. A portée de la tour principale « Sire Olivier, dit le duc, il n'y a homme deçà la mer qui se connoisse mieux en ouvrage de maçonnerie que vous faites. Si vous prie, beau sire, que vous montiez là sus, si me saurez a dire comment le lieu est édifié. Si il est bien, il demeurera ainsi si il est mal, je l'amenderai ou ferai amender. » Olivier voulait qu'il passât le premier par honneur « Montez toujours, répondit Jean; j'ai deux mots à dire au sire de Laval. »A peine entré, le connétable fut saisi par des hommes armés et chargé de fers. Le duc, dans la fièvre de cette mauvaise action, plus vert qu’une feuille, après de longues hésitations et malgré les prières des seigneurs de Laval et de Rohan, donna l'ordre de jeter Clisson à la rivière. Sa nuit fut pleine de trouble, sans sommeil. Le lendemain seulement, la lumière du jour sembla éclairer tout à coup pour lui les conséquences de son crime. Il vit se dresser devant ses regards la vengeance des Clisson, la vengeance des seigneurs bretons, la vengeance du roi de France. Il appela le capitaine du château, lui découvrit ses remords. Celui-ci les avait prévus et n'avait point exécuté ses ordres. Jean IV fut plein de joie ; mais ses remords n'allaient pas jusqu'à la réparation complète de son crime, et il rendit la liberté au connétable en exigeant qu'il livrât ses villes et châteaux avec une rançon dc cent mille écus d'or. Clisson promit, sachant bien que l'honneur ne l'obligeait pas à tenir une promesse arrachée par de tels moyens, et bientôt il commença contre son suzerain une guerre à outrance.
Au XVème siècle, Vannes, comme la plupart des villes de Bretagne, fut l'objet de la sollicitude administrative des ducs. Pendant les états de Vannes Pierre II, profitant des circonstances politiques pour augmenter l'industrie de ses États, y appela, en leur accordant plusieurs franchises, des ouvriers de divers états. Les intentions du duc demeurèrent malheureusement sans résultats ou à peu près. Comme à Rennes, une seule industrie, celle des draps, prit à Vannes quelque consistance. Par un contraste assez singulier, c'est au moment même où Vannes acquérait ces nouveaux éléments d'industrie qu'elle acquit aussi un saint patron. Au reste, ce XVèmesiècle fut fertile en personnages d'une grande sainteté et d'une puissante influence morale sur la foule. Qu'il suffise de rappeler Jeanne Darc, précédée déjà de deux ou trois enthousiastes dit même genre, et plus tard saint François de Paule. Le saint qui devint le patron de Vannes est le fameux Vincent Ferrier. Il s'y rendit en 1417, après avoir déjà remué les peuples par sa parole. Le duc, la duchesse et leur cour, le clergé, la bourgeoisie et le peuple, vinrent à la rencontre du saint homme, monté sur son âne, qui refusa de loger au château de la Motte et préféra une simple maison particulière. Il fit encore quelques courses dans les pays voisins ; mais, quand il revint, son âne ne voulut plus repartir ; il demeura et mourut à Vannes. L'eau qui servit à laver son corps fut soigneusement recueillie et gardée par la duchesse Jeanne. En 1455, un légat du pape vint trente-six ans après célébrer à Vannes la fête de sa canonisation accordée par le pape. Depuis ce temps, son image figure sur une des portes de la ville, qui continue d'invoquer sa protection spéciale et qui révère son tombeau dans la cathédrale.
C'est encore dans le cours du XVème siècle que la cathédrale de Vannes, dédiée à saint Pierre, fut mise, par les soins de l'évêque Validaire, à peu près dans l'état où on la voit aujourd'hui. Elle avait commencé à être rebâtie après l'invasion des Normands, qui avaient détruit le bâtiment primitif. Une aiguille hardie la surmontait ; détruite par la foudre, en 1824, elle a été remplacée par une flèche assez lourde. La voûte intérieure a beaucoup de majesté et repose sur des murs latéraux au lieu de pilastres.
Le dernier des ducs de Bretagne, François II, fit à Vannes l'honneur d'y rétablir la résidence du parlement créé par lui sous le nom de Grands Jours pour la province, en 1485, et qui devait s'y assembler régulièrement du 15 juillet au 15 septembre.
Ainsi le XVème siècle fut pour cette ville un siècle de prospérité, d'accroissement. Mais la fin de ce même siècle amena la fin de l'indépendance bretonne. François II avait pris la précaution de faire déclarer dans les états tenus à Vannes, en 1485, ses deux filles, Anne et Isabelle, aptes à lui succéder. Mais cette mesure ne suffisait pas pour mettre la Bretagne à l'abri de la convoitise des rois de France. Charles VIII fit entrer dans ce pays ses troupes. Vannes tomba enfin avec toute la Bretagne au pouvoir de la couronne de France, qui la traita avec égard. Elle fut confirmée par Louis XII et Françoiser dans la possession de son parlement, que Henri II ne lui enleva en 1554 qu'après l'avoir dotée d'un présidial. C'est à Vannes que se tinrent, en 1532, les états provinciaux dans lesquels fut déclarée définitive la réunion de la Bretagne à la France. Les états de Bretagne se réunirent encore six fois au XVIème siècle, dix fois au XVIIème, une fois au XVIIIème.
Ceux de 1567 réclamèrent énergiquement le maintien des libertés garanties par le contrat de la feue reine Anne. Vers ce temps, en effet, les efforts redoublaient pour rattacher la province au grand pays dont elle était devenue une partie intégrante. Sous l'évêque Louis de La Haye, en 1577, René, seigneur d'Aradon, fonda à Vannes un collège où les Bas-Bretons venaient apprendre la langue des Gallos, d'où le proverbe Bon Breton de Léon, bon Français de Vanne. Vannes devint donc comme le chef-lieu de la langue française en Bretagne. Son collège acquit, sous la direction des jésuites, une prospérité toujours croissante, jusqu'à compter 1 500 élèves au XVIIIème siècle. Supprimé en 1791, il fut rétabli en 1804 et a compté encore, sous l'Empire, 600 élèves. C'est aujourd'hui un de nos bons lycées. Sous la Révolution, Vannes vit se dessiner dans ses murs et autour de ses murs les différents partis qui divisèrent alors la France. Tandis que l'évêque Amelot, refusant de prêter le serment et de quitter son palais épiscopal conformément au décret, appelait à lui les paysans en armes, la garde nationale de Vannes, docile aux ordres des administrateurs du département, repoussait des murs les agresseurs et le 13 février 1791 leur tuait vingt-six hommes. M. Amelot fut envoyé à la barre de l'Assemblée nationale et remplacé par Dl. Lemasle, curé de Pontivy. Deux autres fois encore Vannes eut à lutter contre les campagnes, et le fit victorieusement, grâce à l'énergie de ses magistrats. Puis elle vit passer Hoche, se rendant à Quiberon, et le vit revenir vainqueur des Anglais et des émigrés. Il y trouva les représentants de l'Assemblée en mission dans le pays et leur rendit compte de l'expédition. Plus de 500 prisonniers de Quiberon furent fusillés à La Garenne, à L'Ermitage et sur la rive droite de la baie de l'Armor, au lieu-dit encore aujourd'hui la Pointe des émigrés. Parmi ceux qui tombèrent à La Garenne, nous citerons MM. de Sombreuil, d Broglie de La Landelle, de Hercé, évêque de Dol. En l'an VIII, Vannes fut surprise par Cadoudal et sont armée divisionnaire de Vanne. Les républicains prirent la ville. En 1815, il y eut encore un mouvement, celui de la petite chouannerie, auquel prirent part les élèves du collège. Le duc d'Angoulême vint ensuite dans cette cité, et l'on y célébra un service funèbre pour les victimes exhumées de Quiberon.
Les siècles n'ont pas beaucoup changé l'aspect de Vannes. Étages qui surplombent, pignons en zigzag donnent à ses rues une physionomie moyen âge. Ses édifices publics même sont pour la plupart d'antique origine. La cathédrale Saint-Pierre, dont quelques parties datent du XIIIème et du XVème siècle, était accompagnée d'une tour terminée par une belle flèche pyramidale qui a été détruite par la foudre en 1824 ; son portail septentrional en est la partie la plus remarquable ; l'évêché occupe l'ancien couvent des Carmes déchaussés la préfecture, construction nouvelle sans intérêt, occupe en dehors de la ville l'emplacement de l'ancien couvent des Jacobins. L'hôtel de ville, qui date de 1680, était autrefois surmonté d'un beffroi, qui a été abattu il y a une vingtaine d'années. Parmi les monuments publics, citons encore l'hôtel-Dieu, l'hôpital général et l'hospice Saint-Yon, qui reçoit les incurables. L'ancien couvent des Carmélites est occupé par une maison centrale de détention pour les femmes celui des Visitandines est converti en caserne ; la halle aux grains est une élégante construction moderne. La salle de spectacle n'est autre que cette célèbre salle haute de la Halle où se sont réunis les états de 1532. Nous ajouterons que la chapelle du collège est un édifice d'un style remarquable, et nous mentionnerons la Tour du Connetable, dernier débris du fameux château de l'Hermine, démoli par l'ordre de Louis XIII. Ses salles sont occupées par le Musée archéologique, un des plus riches de France en antiquités préhistoriques et celtiques. Vannes possède encore quelques restes de ses anciennes murailles ; nous citerons la tour Juliette, La poudrière, la porte Saint Paterne et la porte Neuve, qui était à l'angle de l'ancien château de la Motte ; enfin plusieurs maisons en bois ou en pierre du XVème, et du XVIème, siècle, entre autres celle de saint Vincent Ferrier et le château Guillard, méritent l'attention par leur décoration extérieure. Les deux principales promenades de la ville sont celles de la Garenne et de la Rabine qui longe le port.




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