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Blois - Préfecture du Loir-et-Cher


Comté de Blois
Blois

Au milieu des épaisses forêts qui couvraient autrefois les deux rives de la Loire, à l'endroit où s'étend aujourd'hui le vieux faubourg de Vienne, surgissait jadis un ilot plus ombragé, plus sombre encore que les lieux qui l'entouraient ; ce mystérieux asile fut-il choisi par les prêtres druides pour la célébration de leurs rites religieux, ou fut-il simplement habité par quelque tribu gauloise ? L'histoire est muette sur ce point ; les historiens romains eux-mêmes ne donnent aucun indice sur l'existence d'une ville dans laquelle on puisse reconnaitre l'origine de cette cité. On a découvert seulement, parmi des débris de constructions antiques, les traces d'une voie romaine qui allait de Bourges à Chartres.
L'hypothèse qui nous semble la plus admissible, c'est que les vainqueurs des Gaules, ayant découvert ce refuge des vaincus, y établirent une station militaire pour assurer leurs communications entre le pays des Carnutes et celui des Bituriges, et que c'est de ce double élément, refuge de Gaulois, colonie militaire de Romains, que naquit la ville de Blois.
Le bras occidental du fleuve fut comblé et les constructions s'étendirent en amphithéâtre sur le coteau qui domine la rive droite de la Loire.
Grégoire de Tours est le premier qui parle du Blaisois; mais, de Blois même, il n'est question que dans le récit de l'entrevue qui eut lieu entre Louis le Débonnaire et Lothaire, son fils ; Blois est désigné par l'auteur anonyme sous le nom de Castrum Blesense et comme chef-lieu d'un canton du pays des Carnutes, pagus Blesensis.
L'hérédité des fiefs eut pour conséquence l'établissement dans cette contrée d'une puissante famille dont Guillaume est le premier chef connu et qui se fondit dans la maison des Capets.
De Guillaume, mort en 834, jusqu'à Thibaut le Tricheur, souche de la seconde dynastie des comtes de Blois et de Champagne, un siècle environ s'écoula. C'est pendant cette période que les invasions des Normands furent plus menaçantes.
Si les Capets gagnèrent la couronne en protégeant Paris, les comtes de Blois consolidèrent leur pouvoir par leur énergique résistance aux attaques de l'étranger. Un premier château de pierre fut construit pour protéger les cabanes de bois qui se groupaient autour de lui. Les moines de Saint-Benoit furent les premiers qui cherchèrent un abri sous les remparts du château de Blois ; ils y consacrèrent une chapelle à saint Calais. Ils furent bientôt suivis, en 874, par les religieux de l'abbaye de Curbion, fuyant devant les Normands et apportant avec eux les reliques de saint Laumer, leur patron. Au Xème siècle, trois bourgs formés autour du château se touchaient et constituaient une petite ville ; c'étaient les bourgs de Foix, de Saint-Jean-en- Grève et le bourg Moyen ; le bourg Neuf, situé dans la ville haute, s'élevait à la fin du siècle suivant, et le premier berceau de la cité, l'ile de Vienne, ne renfermait plus qu'un faubourg isolé sans importance, en face des agrandissements successifs de la ville nouvelle.

Le château de Blois

La création de la ville de Blois avait été, en quelque sorte, l'œuvre de Guillaume et de ses descendants la dynastie qui leur succéda continua leur tâche par la fondation d'établissements d'utilité publique au premier rang desquels il faut citer l'église collégiale de Saint-Sauveur, l'Hôtel-Dieu et une léproserie placée sous l'invocation de saint Lazare.
Après l'organisation de la cité, sous les deux premières races de comtes, nous avons montré ailleurs la constitution de la commune, sous la maison de Châtillon; nous arrivons, avec l'avènement des ducs d'Orléans, à l'époque où Blois commence à jouer un rôle important dans l'histoire du pays.
Louis d'Orléans, frère de Charles VI, prit possession du comté et fit son entrée solennelle à Blois le 31 aout 1403. Il était accompagné des écrivains les plus célèbres du temps, dont il encourageait les travaux. Secondé par les gouts littéraires de Valentine de Milan, sa femme, il réunit dans le château de Blois des livres nombreux pour l'époque, de précieux manuscrits et jeta ainsi les premiers fondements de cette bibliothèque qui devait devenir si célèbre. L'assassinat de Louis d'Orléans par le duc de Bourgogne retint à Blois sa veuve désolée et ses enfants. Après la mort de Valentine, Charles, devenu chef de la, famille, voulut, à l'instigation du comte d'Armagnac, son beau-père, continuer la lutte et venger son père ; on sait les fautes qu'il commit et par quels revers il les expia. Blois, pendant sa captivité, continua à être la résidence de sa famille. En 1421, Jeanne, sa fille, épousa Jean II, duc d'Alençon. Les fêtes, à cette désastreuse époque, étaient une rare exception, l'Anglais avait pénétré au cœur de la France Blois était devenu ville frontière en 1427, les alarmes étaient si vives qu'on enlevait du château tableaux, tapisseries, manuscrits et tous les objets précieux pour les transporter à La Rochelle. L'année 1429 s'ouvrit sous de meilleurs auspices la France abattue ne s'était pas encore relevée de ses désastres, la noblesse avait prodigué vainement les dernières gouttes de son sang aux champs d'Azincourt, la royauté semblait désespérer d'elle-même ; mais une force inconnue venait de surgir, un souffle nouveau venait ranimer toutes ces ruines la France des campagnes, personnifiée dans la bergère inspirée de Vaucouleurs, se levait pour venger, pour sauver la France des châteaux et des cours. Jeanne d’Arc arrivait à Blois dans les derniers jours d'avril ; une foule enthousiaste, enivrée, la saluait de ses acclamations aux voix d'en haut, qui retentissaient aux oreilles de la vierge mystique et lui disaient « Prends l'étendard de par le roi du ciel, se mêlaient ces autres voix sorties des entrailles du sol natal et criant Chassons l'étranger. »
C'est de Blois que le dauphin régent avait, le 5 aout 1421, daté ses lettres portant ordre aux nobles de se rendre en avant et assembler les autres le plus qu'on pourrait, sous peine de perdre leur noblesse, de voir leurs maisons rasées et leurs biens confisqués. C'est de Blois que Jeanne faisait appel, à son tour, à quiconque voulait concourir à l'affranchissement du pays ; c'est dans l'église de Saint-Sauveur qu'elle faisait bénir son étendard par l'archevêque de Reims c'est de cette ville, enfin, qu'elle envoyait, par un héraut d'armes, aux chefs anglais qui commandaient-devant Orléans, cette lettre qu'elle avait dictée elle-même, et dans laquelle on ne sait ce qu'on doit le plus admirer, de l'ardent patriotisme qui l'a inspirée ou de cette éloquence naïve et puissante à la fois qui s'y révèle.
La part de Blois fut, on le voit, large et belle dans ce glorieux épisode auquel la France dut son salut. Une des conséquences de la pacification fut le retour de Charles d'Orléans ; muri par l'adversité et l'exil, il renonça presque complètement aux affaires publiques, s'entoura, dans son château de Blois, d'une cour brillante et polie et s'adonna surtout à la culture des lettres, qui avaient apporté de si douces consolations aux ennuis de sa captivité. Le premier printemps dont il put gouter les douceurs sur le sol natal lui inspira ce charmant rondeau qui caractérise trop bien le talent du prince et la poésie de l'époque pour que nous négligions de le citer

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s'est vestu de broderye,
De soleil luysant, cler et beau.
Il n'y a beste ne oiseau,
Qu'en son jargon ne chante ou crie
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluye
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livrée jolye,
Gonttes d'argent, d'orfaverie,
Chacun s'habille de nouveau
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluye.

La bibliothèque du château fut considérablement augmentée par les achats nombreux que fit le duc et surtout par la riche collection de manuscrits qu'il avait rapportée de Londres. Les officiers de sa maison étaient ses rivaux en poésie sa cour ressemblait à une docte et galante Académie. Aux carrousels, aux tournois succédaient des luttes d'esprit, des joutes de beau langage auxquelles venaient prendre part le roi de Sicile, le duc de Nevers, les comtes d'Alençon et d'Étampes. Les constructions du vieux castel furent appropriées aux goûts de ses illustres hôtes, et la forteresse de Blois fut transformée en un château riche de toute la somptuosité architecturale qui, venue d'Italie, commençait à se faire jour en France.
Un événement heureux pour la cour de Blois, heureux pour la France, vint couronner dignement les derniers jours du prince poète et philosophe. Un fils lui naquit en 1462, et ce fils devait être Louis XII. Le jeune duc fut élevé au château par sa mère sous la direction des maîtres les plus savants et les plus habiles. Saint-Gelais a laissé le plus naïf et le plus gracieux tableau de cette éducation maternelle. Nous laisserons à d'autres le soin d'examiner si la conduite du jeune duc, pendant la régence d'Anne de Beaujeu, fut toujours d'accord avec les principes de loyauté qu'il avait dû puiser dans les leçons de ses maitres. Pour nous, Louis XII doit rester l'enfant de Blois. N’y était encore le 7 avril 1498, lorsque des messagers vinrent pendant la nuit lui annoncer que Charles VIII venait de mourir à Amboise et qu'il était roi de France. C'est de Blois qu'il adressa à La Trémouille ce mot célèbre : Ce n'est pas au roi de France à venger les injures faites au duc d'Orléans.
Le monarque, dans sa nouvelle position, conserva toutes ses sympathies pour sa ville natale. Par lettres patentes du mois de novembre 1498, il accorda aux habitants l'exemption des tailles, aides, subsides, solde de francs archers, huitième du vin qu'ils vendaient de leur cru, privilèges que confirmèrent tous les rois ses successeurs. Il reconstruisit le château, tout de neuf, dit Jean d'Authon, et tant somptueux que bien semblait œuvre de roi. Il y signait, le 25 avril 1499, un traité d'alliance avec la république de Venise; il y recevait l'archiduc d'Autriche, père de Charles-Quint, et Jeanne de Castille, sa femme; il y convoqua l'assemblée des notables, qui rédigea la fameuse ordonnance en 162 articles connue sous le nom d'ordonnance de Blois. Machiavel passa à Blois une partie de l'année 1010. L'année suivante fut signalée par la réparation des aqueducs et la construction des grandes fontaines destinées à alimenter la ville. Les guerres d'Italie, les démêlés avec le pape ne purent distraire Louis de son gout pour les lettres, qu'il semblait tenir comme un héritage de son père. Il augmenta considérablement les richesses bibliographiques réunies à Blois par ses aïeux. La bibliothèque des Visconti et, des Sforce, fruit de ses victoires dans le Milanais, celle de Naples, enlevée par Charles VIII, vinrent grossir la précieuse collection de Blois, qui devint, au dire des savants, l'admiration de toute l'Europe. Louis était, dans cette œuvre, merveilleusement secondé par sa femme, Anne de Bretagne, princesse d'une rare érudition, qui aimait à s'entourer des poètes et des savants les plus distingués de cette époque.
Dans une ordonnance datée de Blois, 9 avril 1513, relative à la librairie, nous trouvons cette phrase qui pourrait suffire à la gloire d'un prince. « En considération du grand bien qui est advenu en notre royaume au moyen de l'art et science d'impression, l'invention de laquelle semble être plus divine qu'humaine, etc ». La mort de la reine Anne est le dernier évènement dont Blois ait été le théâtre sous le règne de Louis XII. Le caractère inconstant et léger de François 1er l'éloigna souvent de Blois, dont il abandonna l'administration à sa femme Claude de France, née dans le Blaisois et fort attachée à cette contrée. Les faits les plus notables qui se rattachent à ce règne sont: la réunion d'une assemblée des trois ordres, le 15 avril 1523, dans le but de discuter la coutume de Blois, réunion dans laquelle plusieurs membres se signalèrent par le libéralisme de leurs principes et l'énergie de leur langage ; la réunion des sommes stipulées pour la rançon du roi par le traité de Madrid ; la signature du contrat de mariage de Madeleine de France avec Jacques V, roi d'Écosse, en 1536 le passage de Charles-Quint, en 1539 la construction de cette belle partie du château qui a gardé le nom d'aile de François 1er et l'élévation de la tour de l'église Saint-Solenne; enfin le transfèrement à Fontainebleau de la précieuse bibliothèque, récemment enrichie encore de 38 manuscrits grecs apportés à Blois par Jean Lascaris, et qui se composait de 1,890 volumes, dont 109 seulement étaient imprimés. De François 1erà Henri, III, si les évènements qui ensanglantèrent cette période de notre histoire se préparent à Blois dans les salons de Catherine de Médicis, c'est ailleurs qu'ils ont leur principal retentissement. La partie du drame qui appartient surtout à Blois, c'est la convocation des états et le meurtre des Guises.
Les massacres de la Saint-Barthélemy n'avaient eu pour résultat que de surexciter le zèle et le fanatisme des huguenots. L'organisation de leurs forces, les succès de leurs armes avaient arraché à Henri III l'édit de pacification qui leur garantissait la liberté religieuse et l'égalité civile. Cette concession avait fortement compromis l'autorité royale dans le parti catholique, dirigé par deux influences dont le but était différent, mais dont les moyens étaient identiques, l’ambition des Guises et les aspirations de la bourgeoisie vers l'indépendance.
Entre la Ligue, maitresse de Paris, et Henri de Navarre, vainqueur dans les provinces de l'ouest et du sud, la position de Henri III était difficile c'est pour y trouver une issue que furent convoqués, à Blois, les premiers états en 1576. Les résultats furent à peu près nuls on exigeait du roi qu'il fit la guerre, et on lui refusait les subsides nécessaires à l'entretien d'une armée. Tout se borna à de stériles discussions, desquelles cependant on pourrait faire dater les premières conquêtes par parlementaires du tiers état. Le roi' essaya de donner satisfaction aux catholiques et d'amoindrir la position des Guises en se faisant affilier à la grande congrégation. Il prêta serment solennellement t comme chef de la sainte Ligue; mais ces expédients ne changèrent rien à l'état des choses. Les états furent de nouveau réunis à Blois en 1588. Pendant l'intervalle qui s'était écoulé entre la double convocation, la politique des partis s'était dessinée plus nettement encore. Les victoires du duc d'Anjou, les négociations avec Henri de Navarre rassuraient le roi du côté des protestants. L'ennemi sérieux, c'était Guise ; dont la grande majorité des députés aux états acceptait la direction et le mot d'ordre. Mais les fils de Catherine de Médicis étaient peu scrupuleux sur les moyens de trancher une difficulté ; la politique qui avait inspiré l'horrible plan de la Saint- Barthélemy ne devait pas reculer devant la suppression violente d'une famille dont elle se croyait menacée. Henri III dissimula ses projets avec la plus profonde et la plus habile hypocrisie. Quand il jugea que le moment de l'exécution était venu, il voilà le secret des derniers préparatifs sous le prétexte d'un recueillement dévot. Il avait fait préparer des cellules dans le château pour avoir auprès de lui, disait=il, quelques-uns de ces bons pères : capucins qu'il aimait tant il y installa les quarante-cinq, espèces de gardes du corps dont il avait payé le dévouement assez cher pour se le croire acquis en toute circonstance. Repoussé par le brave Crillon dans les ouvertures qu'il lui avait faites, il s'était adressé à Loignac, un de ces gentilshommes spadassins dévorés d'ambition, criblés de dettes, comme les princes en trouvent toujours autour d'eux, prêts à tout faire s'il y a quelque argent à gagner. C'était pendant la semaine de Noël les pieuses occupations du roi étaient réglées et annoncées à l'avance ; le vendredi 28 ; il devait aller en pèlerinage à Notre-Dame de Cléry. La veille au soir, il fit prier le duc et le cardinal de Guise, l'archevêque de Lyon et quelques autres seigneurs de se trouver à six heures du matin à son cabinet, parce qu'il voulait, avant son départ, tenir conseil et expédier quelques affaires pressantes, de manière à n'être plus dérangé dans ses dévotions le reste de la semaine. À l'heure fixée, Guise, malgré de nombreux avis qu'il avait reçus, se présente dans la salle du conseil ; quelques instants après, un serviteur ouvre la porte de la chambre du roi et lui dit que Sa Majesté l'attend dans son cabinet. Le duc se lève, traverse la chambre à coucher, et, au moment où il s'engage dans l'étroit passage qui conduit au cabinet, il est frappé à la gorge d'un coup de poignard. Doué d'une force prodigieuse, quoique son épée fût engagée dans son manteau, il entraine ses meurtriers d'un bout de la chambre à l'autre, marchant les bras tendus, les yeux éteints, la bouche ouverte, comme déjà mort. Loignac le pousse il tombe au pied du lit du roi en criant « Mon Dieu! Miséricorde »
Ce furent ses dernières paroles. Henri III écarte alors la portière de son cabinet et, après s'être assuré que son ennemi est bien mort, il s'approche pour contempler sa victime ; il le frappé du pied au visage. Mon Dieu, qu'il est grand! s'écrie-t-il il parait encore plus grand mort que vivant. Et il le pousse de nouveau du pied. Dans la nuit qui suivit, le cardinal, prisonnier dans la salle des oubliettes depuis l'instant où son frère était frappé, reçut la visite de Fontaine, un des valets de chambre du roi ; il était accompagné du capitaine du Guast, Loignac lui-même ayant refusé de porter la main sur un prince de l'Église. « Le roi vous demande, » dit-on au cardinal. Il obéit et se lève. A peine avait-il franchi le seuil de sa prison qu'il tombe assassiné comme son frère. Henri III refusa aux supplications de la vieille duchesse de Nemours les corps de ses fils ils furent brulés dans la chambre des combles, située au-dessus du grand escalier de Louis XII, et les cendres jetées dans la Loire. Catherine ne jouit pas longtemps du sanglant triomphe de son fils. Frappée, dit-on, des reproches du vieux cardinal de Bourbon, prisonnier, qui l'accusait de l'avoir conduit à la boucherie, lui et ses neveux de Guise, elle était tombée en proie à une fièvre ardente, et succomba, le samedi janvier 1589, dans sa soixante-dixième année. « A Blois, dit L'Estoile, où elle estoit adorée comme la Junon de la cour, Catherine n'eut pas plus tôt rendu le dernier soupir qu'on n'en fit non plus de compte que d'une chèvre morte. »
Depuis le règne de Henri IV, la grande politique s'éloigne de Blois. Le château sert encore d'asile cependant à la disgrâce de Marie de Médicis après la chute du maréchal d'Ancre. Gardée à vue, elle s'en échappe par une fenêtre à l'aide d'une échelle que le duc d'Épernon assujettissait du dehors.
Sous Louis XIV, Gaston d'Orléans lui rend quelques-uns des beaux jours du roi Louis XII. La Fontaine vint y séjourner quelque temps. Le roi traverse la ville plusieurs fois et y a sa première rencontre avec Mademoiselle de La Vallières.
Le 2 avril 1814, après la première invasion, la cour impériale se retira à Blois. Tous les efforts tentés pour organiser une régence sérieuse furent inutiles la présence du comte Schouwalow, venant seul chercher l'impératrice et le roi de Rome au nom des princes coalisés, suffit pour jeter le découragement et le désordre parmi les hauts fonctionnaires fugitifs.
Le samedi 9, Marie-Louise reprenait avec son fils la route d'Orléans.
Durant la guerre de 1870-71, les Allemands s'emparèrent de Blois ; après avoir enlevé, le 9 décembre 1870, presque par surprise le parc et le château de Chambord, ils paraissaient devant Blois, par la rive gauche, et menaçaient de bombarder la ville que nos troupes durent évacuer afin de lui épargner les malheurs que n'eût pas manqué d'amener une résistance sans utilité. C'est alors que le général Chanzy, abandonnant la défense devenue impossible des lignes de la Loire, se retirait sur Vendôme.
Blois passe avec raison pour une des villes de France le plus agréablement situées. La riante fertilité des rives de la Loire en cet endroit est trop célèbre pour que nous en essayions une description nouvelle. La disposition du sol sépare la ville en deux parties distinctes les vieux quartiers construits sur le haut de la colline forment la ville haute ; ils sont généralement d'une construction irrégulière et dont l'antiquité ne manque pas de pittoresque ; la basse ville s'étend au pied du coteau le long d'un quai magnifique, qui se relie à l'ouest à la levée de Tours ; un beau pont de onze arches traverse le fleuve et unit cette partie de la ville à un des plus importants faubourgs. Après le château, classé parmi les monuments historiques et qui a été restauré par l'architecte Duban, les monuments les plus remarquables sont l'évêché, bâti sous Louis XIV ; la cathédrale, rebâtie en 1678 ; Saint-Laumer ou Saint-Nicolas, monument historique ; l'Immaculée-Conception ; autrefois église des jésuites l'aqueduc, plusieurs hospices, la halle au blé, l'hôtel de la préfecture, la mairie, renfermant la bibliothèque communale, le théâtre, la poissonnerie. On remarque aussi à Blois de belles promenades le Mail, les Allées, la butte des Capucins, et plusieurs maisons particulières, qui datent de la Renaissance, construites par les seigneurs de la cour de Louis XII et de François 1er.



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