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De Vercingétorix à Hollande

La Troisième République


Adolphe Tiers


Adolphe Tiers Icone

Adolphe Thiers, né le 15 avril 1797 à Bouc-Bel-Air (alors nommé Bouc) mais déclaré à l'état civil de Marseille et mort le 3 septembre 1877 à Saint-Germain-en-Laye, est un avocat, journaliste, historien et homme d’État français.
Il symbolise par son exemple l'évolution des classes dirigeantes françaises, à la recherche d'un nouveau régime politique stable après l'effondrement de la monarchie absolue en 1789. Deux fois président du Conseil sous la monarchie de Juillet, il est un acteur majeur dans la mise en place des régimes politiques qui ont suivi l'échec de la restauration en 1830. Partisan d'une monarchie constitutionnelle, il critique l'intransigeance des membres de la famille royale et se rallie enfin à la République.
En 1871, après la chute du Second Empire lors de la guerre contre la Prusse, il devient le premier président de la Troisième République. En mai de la même année, son gouvernement ordonne l'écrasement de la Commune de Paris.
En mai 1873, sa mise en minorité face aux monarchistes entraîne sa démission de la présidence de la République.


Mac-Mahon


Mac-Mahon

Patrice de Mac Mahon1, comte de Mac Mahon, duc de Magenta, né le 13 juin 18082 au château de Sully (Saône-et-Loire) près d'Autun, mort le 17 octobre 1893 au château de la Forêt, à Montcresson.
Unique président monarchiste de la IIIème République, Patrice de Mac-Mahon, respectueux des formes légales du pouvoir, servira tous les régimes jusqu'à la IIIème République.
Issu d'une famille irlandaise en France depuis le XVIIème siècle, saint-cyrien en 1827,en 1852 il est promu général de division après avoir fait carrière avec bravoure en Algérie, Mac-Mahon entre dans la légende le 8 septembre 1855, obligeant les Russes à abandonner Sébastopol par l'assaut du bastion de Malakoff, ce qui lui vaut la grand-croix de la Légion d'honneur et un siège de sénateur en 1856. Après l'avoir fait duc de Magenta et maréchal de France en 1859, Napoléon III le nomme gouverneur général de l'Algérie (1864-1870).
Rappelé en 1870 et placé à la tête du 1er corps de l'armée du Rhin, Mac-Mahon, blessé, est fait prisonnier à Sedan. Libéré peu après, placé à la tête de l'armée versaillaise par Thiers, sa répression de la Commune lui assurera l'estime des conservateurs de l'Assemblée.
Après la chute de Thiers, la majorité royaliste conservatrice le choisit en effet comme président de la République le 24 mai 1873. Mais après l'adoption des lois constitutionnelles républicaines, En 1877, il proclame la dissolution de l'Assemblée. Les élections d'octobre 1877 ayant à nouveau donné la majorité aux Républicains, il ne lui reste plus qu'à "se soumettre ou se démettre" (Gambetta). Faisant les deux, après s'être soumis au gouvernement républicain Dufaure, il démissionne à la suite des élections sénatoriales de janvier 1879.
Lors des terribles inondations de la Garonne, des dizaines de communes furent touchées, dont Agen ou encore Marmande, où l'eau a atteint 11 m 40. La crue a eu lieu dans la nuit du 23 au 24 juin 1875, après un mois entier de pluie ininterrompue.
Le Maréchal Président Mac Mahon, venu constater le désastre se serait exclamé : « Que d’eau, que d’eau ! ». Ce à quoi Antoine François Marie Pierre de la Rochefoucauld, aide de camp du Maréchal qui se trouvait à ses cotés aurait rétorqué : « Et encore, monsieur le Maréchal, vous ne voyez que le dessus. ! »


Jules Grévy


Jules Grévy

Jules Grévy, né le 15 août 1807 à Mont-sous-Vaudrey (Jura) et mort le 9 septembre 1891 dans la même commune.
Le 30 janvier 1879, suite à la démission de Maurice de Mac-Mahon, les parlementaires élisent le républicain modéré Jules Grévy (71 ans) à la présidence de la République.
Sa présidence se signale par l'affirmation sans ambiguïté du caractère républicain du régime. La IIIe République ne se cache plus ! Les chambres se transportent de Versailles, ville royale, à Paris ; on décrète le 14 juillet fête nationale, on ouvre le Panthéon pour Victor Hugo...
Par ailleurs, sous les ministères de Charles Freycinet et Jules Ferry, on impose l'enseignement laïque et l'on se lance avec Savorgnan de Brazza et d'autres dans les aventures coloniales au nom de la «mission civilisatrice» de la France.
Le camp républicain se divise en 1884. Clemenceau, chef de file de la «gauche radicale», s'oppose aux «républicains opportunistes» en dénonçant les conquêtes coloniales qui font selon lui le jeu de l'Allemagne. Jules Ferry est contraint à la démission l'année suivante.


Sadi Carnot


Sadi Carnot

Sadi Carnot, né le 11 août 1837 à Limoges et mort le 25 juin 1894 à Lyon, de son nom complet Marie François Sadi Carnot, est un homme d'État français. Il fut président de la République du 3 décembre 1887 au 25 juin 1894, date de son assassinat. Sadi Carnot est le fils de lazare hippolyte Carnot, le petit-fils de Lazare Carnot (le Grand Carnot), neveu de l'autre Sadi Carnot, le frère de Marie-Adolphe Carnot et le père d'Ernest Carnot. C’est à son grand-père, que Carnot doit son prénom de Sadi. Lazare, avant d’être révolutionnaire (organisateur de la victoire en 1793), était humaniste, et grand admirateur du poète persan Saadi de Shiraz, chantre des femmes, du vin et des roses. Il décida que ce prénom serait porté par son fils aîné, qui disparut prématurément à l'âge de 36 ans.
Il est l'élève du lycée Condorcet puis de l'École Polytechnique dans la Promotion de 1857 et enfin de l'École des Ponts et Chaussées dont il sort major en 1863. Après ses études il devint ingénieur en chef de la Haute-Savoie, où il conçoit et fait construire vers 1874, le fameux système de régulation de la sortie des eaux du lac d'Annecy, communément appelé « les vannes du Thiou ». Joyau technique et architectural, elles ont permis de remonter le niveau du lac (2 759 hectares) de 20 cm afin d'assurer aux usines un débit constant toute l'année; à eux seuls ces 20 cm permettent d'assurer 16 jours de débit à l'étiage (4 m³/s).
Il est élu député de la Côte-d'Or en 1871, et occupe des postes de haut fonctionnaire, notamment au Conseil supérieur des Ponts et Chaussées, puis il est nommé préfet de la Seine-Inférieure
Le 1er juin 1863, il épouse à Paris, Cécile Dupont-White. De cette union sont issus quatre enfants : Claire (1864-1920),Sadi (1865-1948, colonel dans l'infanterie), Ernest (1866-1955) et François (1872-1960).
Sous-secrétaire d'État aux Travaux Publics puis ministre des Travaux Publics, il devient ministre des Finances en 1885.
À la suite de la démission de Jules Grévy, mis en cause dans l'affaire des décorations, Sadi Carnot est élu président de la République le 3 décembre 1887. Le début de son mandat est marqué par l'agitation boulangiste et le scandale de l'affaire de Panama (1892).
Dans un contexte d'agitation syndicale et anarchiste où une partie des lois relatives à la liberté individuelle et aux délits de presse visant à réprimer cette agitation, qualifiées de lois scélérates par l'opposition socialiste, venaient d'être votées, Sadi Carnot est assassiné d'un coup de poignard par l'anarchiste italien Sante Caserio le 24 juin 1894, lors de l'Exposition de Lyon. Il meurt des suites de sa blessure le 25 juin 1894 peu après minuit. Sadi Carnot était alors particulièrement haï dans les rangs anarchistes pour avoir refusé la grâce d'Auguste Vaillant dont l'attentat à la Chambre n'avait pourtant pas fait de victimes.


Jean Casimir-Perier


Jean Casimir-Perier
Une carricature de Casimir Perier

Jean Casimir-Perier, né le 8 novembre 1847 à Paris et mort le 11 mars 1907 dans la même ville
Trois jours après l'assassinat de Sadi Carnot, les parlementaires élisent à la présidence de la République, le 27 juin 1894, Jean Casimir-Périer (47 ans), petit-fils d'un président du Conseil de Louis-Philippe 1er.
Principal actionnaire des mines d'Anzin, l'homme se rend très vite impopulaire dans les milieux de gauche, d'autant qu'il renforce dès le 27 juillet les lois répressives (« lois scélérates ») qui ont motivé le meurtre de Sadi Carnot.
D'une sensibilité à fleur de peau, il va démissionner au bout de sept mois seulement, le 15 janvier 1895, sur un réquisitoire de Jean Jaurès.
Sous sa présidence est arrêté un certain capitaine Alfred Dreyfus.
« Casimir Perier, par exemple, est élu en 1895 et démissionne six mois après alors qu’il n’y a pas de crise politique. La seule crise est autour de sa personne : il est propriétaire des mines d’Anzin, bourré de fric, et il y a toute une campagne de l’extrême gauche et de l’extrême droite qui le vise.
Notamment le journal Le Chambard socialiste qui publie caricatures sur caricatures. Casimir Perier a été un peu prétentieux dès son élection. Il a même froissé des membres de son propre gouvernement et l’Assemblée. Les caricatures sont extrêmement violentes. Il ne supporte pas. »


Felix Faure


Felix Faure

Président de la République pendant la période où la révision du procès Dreyfus était exclue, Félix Faure était né à Paris, le 30 janvier 1841.
Négociant en cuirs au Havre, il s'y marie en 1865, et est adjoint au maire de la ville de 1870 à 1873. Révoqué par le gouvernement d'ordre moral, il est élu député républicain modéré en 1881 et quatre fois réélu. Sous-secrétaire d'État au Commerce et aux Colonies du gouvernement Gambetta de novembre 1881 à janvier 1882, il a en charge la Marine comme sous-secrétaire d'État du gouvernement Ferry (septembre 1883 - mars 1885) puis du gouvernement Tirard en janvier-février 1888.
Il est ministre de la Marine depuis le 30 mai 1894 quand, après la démission de Casimir-Perier, il est élu président de la République. Il se veut neutre dans l'affaire Dreyfus tout en refusant la mise en cause de la condamnation de 1894. Il refuse les confidences du président Scheurer-Kestner, affirmant que « Félix Faure ne peut entendre que ce que le président de la République peut entendre (...) : ma neutralité est la neutralité de la loi ».
Après l'acquittement d'Esterhazy et à la veille de la condamnation de Zola, il consigne dans ses carnets, le 22 février 1898 : « Pour juger cette affaire, il faut avoir sous les yeux le dossier, interroger l'accusé, entendre ses réponses, entendre les témoins, le défenseur et l'accusateur. Tous ceux qui prétendent juger autrement font une œuvre mauvaise et bête, criminelle même lorsqu'elle peut avoir des conséquences graves à l'intérieur et à l'extérieur. Les juges ont jugé avec ces éléments. Personne n'a le droit sans preuves évidentes de douter de leur jugement ».

Le Président Félix Faure, dans le cabinet de travail de l'Elysée, devant cette table sur laquelle se décident d'un trait de plume les destinés de la patrie, siège, élégant dans sa haute taille, la physionomie empreinte d'une bienveillance, qui ne se dément jamais, l'ancien ouvrier, devenu par le travail et la probité le premier citoyen de son pays et le chef d'une grande nation.

La découverte du faux Henry trouble l'échiquier politique et Félix Faure nomme successivement, en septembre 1898, quatre ministres de la Guerre. C'est l'époque où il écrit : « Je ne puis rien sur les opinions qu'on peut me prêter (...) mais il faut démentir tous faits quelconques qu'on m'attribuerait. Tant que le gouvernement reste dans la loi, je ne puis ni ne veux intervenir ». En janvier 1899, il signe le projet de loi qui va dessaisir la chambre criminelle de la Cour de cassation qui passe pour favorable à la révision. Le 16 février suivant, pendant qu'il reçoit Marguerite Steinheil née Japy, il succombe à une hémorragie cérébrale ; le tenant pour hostile à la révision, La Libre Parole écrit : « une odeur de meurtre s'exhale de ce cercueil ». Dreyfusard, le directeur de L'Aurore déclare pour sa part : « en entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui ». Il est inhumé au cimetière parisien du Père Lachaise, le 23 février tandis que Déroulède échoue dans sa tentative de coup d'État.


Emile Loubet


Emile Loubet

Émile Loubet, né le 30 décembre 1838 à Marsanne (Drôme), mort le 20 décembre 1929 à Montélimar (Drôme), fut le huitième président de la République française (18 février 1899 - 18 février 1906) sous la Troisième République.
Emile LoubetAprès des études de droit, où il fait la connaissance de Léon Gambetta, il entre à sa suite en politique. Après avoir été élu Maire de Montélimar, il siège à gauche de l’hémicycle de l’Assemblée Nationale en 1876. Le 18 juin 1877, il fait partie du Bloc des Gauches qui vote la défiance au gouvernement d’ordre moral du Duc de Broglie.
Républicain modéré, Emile Loubet poursuit sa carrière au gouvernement comme Ministre des Travaux Publics (1877-1978) puis Président du Conseil et Ministre de l’Intérieur (1882) de Sadi Carnot, il sera emporté par la tempête du scandale de Panama. Loubet reste place Beauvau dans le cabinet suivant. Mais c’est au Sénat qu’Émile Loubet va faire la plupart de sa longue carrière politique. Il y est élu en 1885 et devient rapidement un acteur majeur de la gauche républicaine. Il est nommé Secrétaire de la Chambre Haute, puis intègre la Commission des Finances en tant que rapporteur général du budget. En 1896, il en devient le président.
La mort subite du président Faure ouvre la course à la Présidence et ce en pleine affaire Dreyfus. L’élection va mettre en liste Jules Méline, candidat de la droite et des antidreyfusards, et Émile Loubet, candidat de la gauche, qui n’a jamais clairement pris position sur le dossier. C’est cette neutralité (il dira plus tard « personne n’a le droit de dire que je suis dreyfusard ou anti-dreyfusard. Je suis avec la majorité de la Nation pour la vérité. ») qui lui assure finalement le soutien des Dreyfusards et de Clemenceau.
Émile Loubet est élu Président de la République par le Congrès réuni à Versailles le 18 février 1899 par 483 voix.
Emile LoubetLa présidence de Loubet fut l’une des plus stables de la Troisième République avec seulement quatre Présidents du Conseil. Respectueux des institutions, il n’exerça son influence que par influence et persuasion.
Il n’en reste pas moins que le septennat d’Émile Loubet fut le théâtre de décisions marquantes dans l’histoire de la République française : grâce du Capitaine Dreyfus, promulgation de la loi sur les associations et, surtout, de la loi sur la séparation des Églises et de l’État.
Il joua un rôle plus actif en matière de politique étrangère, son septennat étant marqué par une intense activité diplomatique dont le point d’orgue fut été la signature de l’Entente cordiale entre la France et la Grande-Bretagne.
À la fin de son mandat présidentiel, il fut le premier président de la Troisième République à avoir accompli un mandat complet. Il se retira ensuite de la vie politique en proclammant « Je ne serai ni sénateur, ni député, ni même conseiller municipal. Rien, absolument rien. »


Armand Fallières


Armand Fallières

Armand Fallières est né le 6 novembre 1841 à Mézin, dans le Lot-et-Garonne. C’est sur cette même terre, à laquelle il reste profondément attaché toute sa vie, qu’il meurt le 22 juin 1931, à près de 90 ans.
Son père était géomètre-arpenteur, son grand-père forgeron. Il naît d’ailleurs dans la forge familiale, accolée à la cathédrale de Mézin, et y passe sa petite enfance. Cette maison sera plus tard démolie et reconstruite pierre par pierre à l’autre bout de la petite ville.
Après des études de droit, à Toulouse et Paris, Armand Fallières s’inscrit au barreau de Nérac dans son département du Lot-et-Garonne. Il y plaide quelques procès politiques : il défend notamment un groupe de jeunes gens qui avaient chanté la Marseillaise sur le passage d’une procession.
Dès son installation comme avocat, il commence à s’intéresser aux affaires publiques et entame une longue carrière politique. D’abord locale, en étant élu maire de Nérac et conseiller général, puis nationale, en se faisant élire député du Lot-et-Garonne en 1876, à l’âge de 35 ans.
Le 18 janvier 1906, à Versailles, Armand Fallières est élu Président de la République au premier tour de scrutin, par 449 voix contre 371 à Paul Doumer, président de la Chambre. Clemenceau et la plus grande partie des radicaux ont préféré cet homme modéré au radical Doumer. Ils reprochent en effet à Doumer d’avoir abandonné Combes et le " Bloc des gauches " en 1904 et d’avoir renoncé au projet d’impôt sur le revenu qu’il avait proposé en 1895.
En octobre 1906, Fallières fait appel à Clemenceau pour diriger le ministère : c’est donc grâce à Fallières que pour la première fois " le Tigre " devient Président du Conseil ; il a 65 ans.
En 1909, le Cabinet Clemenceau est usé, les discussions militaires s’enveniment à la Chambre, la situation internationale évolue vite (révolution turque, annexion par l’Autriche de la Bosnie-Herzégovine, indépendance de la Bulgarie). Fallières fait appel à un homme " plus souple ", Aristide Briand. Mais celui-ci doit démissionner au début de 1911.
Fallières appelle alors le sénateur de la Gironde, Monis, puis Caillaux. Le coup d’Agadir le 1er juillet 1911 et les négociations franco-allemandes qui suivent aboutissent à la signature d’un traité que la Chambre ratifie mais que le Sénat refuse de ratifier, sous l’influence de Clemenceau qui accuse Caillaux de conventions secrètes avec l’Allemagne.
Fallières a alors recours à Poincaré. Celui-ci fait ratifier le traité franco-allemand par le Sénat et voter la réforme électorale par la Chambre. Tandis que la situation s’aggrave dans les Balkans, le septennat de Fallières s’achève. Poincaré, dont la politique étrangère est populaire, lui succède en étant élu Président de la République le 17 janvier 1913.


Raymond Poincaré


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Raymond Poincaré, né le 20 août 1860 à Bar-le-Duc (Meuse) et mort le 15 octobre 1934 à Paris.
Avocat, député de la Meuse et académicien depuis 1909, Raymond Poincaré devient président du Conseil en 1912. Porteur de "l'esprit de revanche" sur l'Allemagne depuis la perte de l'Alsace-Lorraine en 1870, il noue des liens diplomatiques avec l'Angleterre et la Russie. Président de la République de 1913 à 1920, il parvient à réaliser "l'union sacrée" de la nation lorsque la guerre éclate. Toutefois, le "Tigre" Clémenceau, qu'il a appelé à la présidence du Conseil en 1917, lui fait ombrage et l'éclipse du pouvoir. En 1922, de nouveau à la tête du gouvernement, il gère l'occupation de la Ruhr par les troupes françaises et exige une solide compensation financière de l'Allemagne, deux mesures qu'il est contraint d'abandonner suite au plan Dawes. En 1926, second retour sur le devant de la scène politique : une crise monétaire ravage la France et Poincaré est sollicité en tant qu'expert financier. Il constitue alors un gouvernement d'union nationale chargé de stabiliser le franc, une mission accomplie dès 1928. Il se retire alors afin de rédiger ses mémoires


Paul Deschanel


Paul Deschanel

Paul Deschanel débute sa carrière politique en 1877 lorsqu'il est nommé sous-préfet de la ville de Dreux. En 1885, il est élu député du département d'Eure-et-Loir puis devient président de la Chambre des députés à partir de 1898. Ayant depuis longtemps manifesté l'intention de se présenter à la magistrature suprême, Paul Deschanel remporte le vote préparatoire, à l'Assemblée nationale, de l'élection présidentielle de 1920, avec l'appui de la SFIO et de la droite catholique, battant le président du Conseil Georges Clemenceau, qui se retire aussitôt. Le lendemain, le 17 janvier, Paul Deschanel obtient le meilleur score (734 voix) jamais obtenu, sous la IIIe République, par un candidat à la présidence2. Selon Michel Winock, son élection serait due aux intrigues d'Aristide Briand, qui exécrait Clemenceau, tandis que Thierry Billard explique l'échec du « Tigre » par son refus de « faire campagne pour se laisser porter à l'Élysée », ce qui constituait une « erreur de tactique ». Le jour de son élection, il semblerait que le président élu ait interpellé Clemenceau (qui l'a quelques années auparavant battu en duel), en ces termes : « Vous avez gagné la guerre, nous gagnerons la paix. »En 1920, il est élu président de la République mais démissionne quelques mois plus tard à cause de problèmes de santé. Il devient sénateur et publie, parallèlement à sa carrière, de nombreux ouvrages littéraires


Alexandre Millerand


Albert Lebrun

Alexandre Millerand, né à Paris le 10 février 1859 et mort à Versailles le 7 avril 1943.
Né d'un père négociant en draps installé dans le quartier du Sentier, Alexandre Millerand fait son droit avant de s'inscrire au barreau de Paris. Il entre en politique en 1884, devient conseiller municipal puis député de la Seine pour le parti radical-socialiste. Il représente le douzième arrondissement de Paris jusqu'en 1919. Il dessine les grandes lignes du programme du parti radical en 1896 : substitution progressive de la propriété sociale à la propriété capitaliste, conquête des pouvoirs publics par le suffrage universel, entente internationale des travailleurs. Au moment du scandale de Panama, son influence grandit et il est le premier socialiste à prendre en charge des responsabilités ministérielles - il devient ministre du commerce et de l'industrie -, au sein du gouvernement Waldeck-Rousseau. Ses nouvelles tâches lui attirent les foudres de ses partisans, notamment de Jules Guesde et Rosa Luxemburg, qui lui reprochent de pactiser avec l'ennemi. L'année 1920 est celle de l'apogée de sa carrière politique : il est nommé président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, puis élu à la présidence de la République le 23 septembre, après la démission de Paul Deschanel. La victoire du Cartel des gauches aux élections législatives l'oblige à quitter ses fonctions le 11 juin 1924.


Gaston Doumergue


Gaston Doumergue

Elu en juin 1924 président de la République (1924-1931), Gaston Doumergue est le premier célibataire à être nommé à cette fonction. Très populaire, celui que l'on a affectueusement surnommé "Gastounet" se fait surtout remarqué par les économies qu'il impose à la présidence, qui menait jusque-là un train de vie... princier. Le palais n'est plus ce qu'il était Gaston Doumergue a avant tout des fonctions de représentation : c'est Raymond Poincaré, président du Conseil de 1926 à 1929, qui a les responsabilités politiques. Mais dans les années 1920, l'heure n'est plus aux fastes d'antan : plus de postillons, piqueurs et valets d'écurie à chaque sortie présidentielle... Désormais, la présidence doit se contenter de cinq véhicules simples et d'une voiture d'apparat. Une union très privée Gaston Doumergue s'est aussi fait remarquer dans l'histoire de l'Elysée comme le premier (et pour l'instant, le seul...) président à s'être marié pendant son mandat. Il faut avouer qu'il était temps : en 1931, date à laquelle il choisit de se marier, il a tout de même 68 ans. Le 1er juin, exactement 12 jours avant la fin de son mandat, il épouse la veuve Jeanne Marie Josephine Gaussal dans le palais présidentiel : la maire du VIIIe arrondissement, M. Gaston Drucker, les unit en présence de deux commandants de la Légion d'Honneur. Mme Gaussal est riche, a une cinquantaine d'années, est brune, vient du Midi, où les jeunes mariés ont d'ailleurs décidé de passer leur lune de miel. Elle est également l'amour d'enfance du président. La presse ne parle guère de cet événement : à l'époque, on considère que la vie privée du président de la République ne concerne personne d'autre que lui-même. Ainsi, quand sortant de la cérémonie, le président et sa jeune épouse se retrouvent face au personnel de l'Elysée, les bras pleins de fleurs, ils sont extrêmement étonnés et demandent comment la nouvelle s'est propagée. "C'est l'Ambassade d'Angleterre qui nous a prévenus".


Paul Doumer


Paul Doumer

Joseph Athanase Paul Doumer, né le 22 mars 1857 à Aurillac (Cantal) et assassiné le 7 mai 1932 à Paris.
D’origine modeste, Paul Doumer est né à Aurillac dans le Cantal, d’un père cheminot originaire de l’Aveyron. Il apprend très jeune le métier de graveur et poursuit des études de droit et de mathématiques. Elu député radical de Château-Thierry en 1888, il est battu en 1889 puis élu député de l’Yonne.
Ministre des finances (1895/96) il instaure l’impôt sur le revenu. Gouverneur général de l’Indochine (1897/1902) il rentre en France pour se faire élire député et Président de la Chambre. Estimé de tous pour son patriotisme, c’est également un grand spécialiste des affaires budgétaires. Il est d’ailleurs de nouveau Ministre des finances en 1921. Président du Sénat en 1925, il est élu Président de la République contre Aristide Briand en 1931.
Le 6 mai 1932, le président Doumer se rend à l'hôtel Salomon de Rothschild, afin d'inaugurer une grande exposition consacrée aux écrivains de la Grande guerre.
Le chef de l'État salue courtoisement les écrivains présents et achète quelques livres, dans le but de les offrir à son épouse. Alors que le président de la République converse avec l'écrivain Claude Farrère, plusieurs coups de feu retentissent12. L'assassin a utilisé un pistolet Browning S 15 cm, conservé au Musée de la Préfecture de Police12. Deux de ces coups de feu atteignent le président à la base du crâne et à l'aisselle droite. Il s'écrie « Tout de même ! », puis s'effondre au beau milieu de l'assistance, médusée, et se retrouve face à Paul Gorgulov, l'auteur des coups de feu, déstabilisé par Farrère qui, après avoir tenté de sauver le président en détournant l'arme du criminel, est blessé au bras. Une quatrième balle se fiche dans le décor. L'agresseur de Doumer est immédiatement maîtrisé par les inspecteurs de la Sûreté, puis arrêté13.
Le chef de l'État est immédiatement transporté à l'hôpital Beaujon, qui était alors situé à quelques pas du lieu de l'agression, au no 208 rue du Faubourg-Saint-Honoré. Mal soigné, victime d'une hémorragie sévère due à la section de l'artère axillaire, Paul Doumer meurt le lendemain à 4 heures 37 du matin.
Après avoir appris la mort de son époux, Blanche Doumer, à laquelle les autorités avaient proposé d'inhumer le président défunt au Panthéon, déclare : « Je vous l'ai laissé toute sa vie. Alors maintenant, s'il vous plaît, laissez-le moi. »
Des funérailles nationales sont organisées en hommage au défunt président, à Notre-Dame de Paris, ainsi qu'au Panthéon. Doumer est inhumé, dans l'intimité, dans le caveau familial du cimetière de Vaugirard


Albert Lebrun


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Albert Lebrun, né le 29 août 1871 à Mercy-le-Haut (Moselle)1,2 et mort le 6 mars 1950 à Paris (16e)
Le 10 mai 1932, après l'assassinat de Paul Doumer, il est élu président de la République, et réélu le 5 avril 1939. Sa première élection a ceci de particulier qu'elle intervient avant que la nouvelle Chambre des députés, qui vient d'être renouvelée, ait pris officiellement ses fonctions ; c'est ainsi que de nombreux députés battus participent au vote : il est élu par une Chambre de droite alors que la gauche a remporté les législatives. Sa fonction l'oblige à subir une présidence qui lui laisse en fait peu de marge de manœuvre pour intervenir dans le débat politique. Il voit monter le péril allemand et soutient les propositions de réforme. En 1934, pour surmonter la crise du 6 février, il nomme l'ancien président de la République Gaston Doumergue à la présidence du Conseil. Certains caricaturistes (Sennep), pour souligner l'émotion qu'il aurait ressentie lors des événements du 6 février 1934, s'amusèrent à le représenter dans un lac de larmes. Un défaut physique faisait en effet que des larmes coulaient de ses yeux plus facilement que chez d'autres personnes. En 1936, opposé au Front populaire, il accepte néanmoins, après avoir tenté de l'éviter, de nommer le chef de la majorité, Léon Blum, à la présidence du Conseil et signe « la mort dans l'âme », comme il le dit, les grands textes de cette majorité politique, sans se priver régulièrement de faire des remontrances au Gouvernement et à ses ministres sur la politique conduite.
Le 5 avril 1939, Albert Lebrun est réélu président de la République au premier tour, avec 55,60 % des suffrages. Son principal adversaire, le candidat SFIO, le Toulousain Albert Bedouce, termine deuxième avec 16,59 % des voix.
En mai 1940, avec Paul Reynaud, il est partisan du départ pour l'Afrique du Nord et est opposé à l'armistice. Il est cependant conduit, devant le courant majoritaire, à appeler le maréchal Pétain à la présidence du Conseil et le met en garde, en vain, contre l'influence néfaste de Pierre Laval. Il refuse de démissionner, obligeant ainsi Pétain à le contourner par le vote des pleins pouvoirs constituants, qui va l'écarter de fait du pouvoir. Il se retire alors à Vizille (Isère) chez son gendre, Jean Freysselinard. Placé en résidence surveillée par les Italiens, ces derniers, au moment de quitter la région, lui conseillent sans succès de partir car les Allemands vont venir les remplacer. Contacté par la Résistance pour une exfiltration en Algérie, peut-être parce que Roosevelt veut le remettre en fonction comme président pour écarter le général de Gaulle qu'il n'aime pas, Lebrun refuse. Mais Hitler préfère le faire enlever par la Gestapo avec André François-Poncet ; envoyé au château d'Itter dans le Tyrol autrichien de septembre à octobre 1943, il y retrouve de nombreux hommes politiques également pris en otage. Lorsque sa santé se dégrade, il est renvoyé en France.
Le mandat de président de la République d'Albert Lebrun finissait le 10 mai 1946. Le général de Gaulle le reçoit le 13 octobre 1944. D'après le récit que de Gaulle en fait dans ses Mémoires de guerre, durant l'entrevue, le président Lebrun lui indique son approbation : « J'ai toujours été, je suis en plein accord avec ce que vous faites. Sans vous, tout était perdu. Grâce à vous tout peut être sauvé. Personnellement, je ne saurais me manifester d'aucune manière, sauf toutefois par cette visite que je vous prie de faire publier. Il est vrai que, formellement, je n'ai jamais donné ma démission. À qui d'ailleurs, l'aurais-je remise, puisqu'il n'existait plus d'Assemblée nationale qualifiée pour me remplacer ? Mais je tiens à vous attester que je vous suis tout acquis. »
Suit un échange de points de vues sur les événements de 1940 au cours duquel le président formule ses profonds regrets d'avoir nommé le maréchal Pétain président du Conseil, le 16 juin, à la suite de la démission de Reynaud, indiquant que ce qui avait emporté sa décision (comme celle de la majorité du Conseil des ministres) fut la position catégorique de Weygand concernant la demande d'armistice ; alors que de son point de vue et de celui de quelques autres (Reynaud, Jeanneney, Herriot, Mandel et de Gaulle) la poursuite de la lutte aurait été possible depuis l'Afrique du Nord et l'Empire. Il déclare à ce sujet : « Ah ! quel malheur quand, dans l'extrême péril, ce sont les généraux qui se refusent à combattre ! ».
Le général prend congé en remerciant le président Lebrun. Il commente cet entretien ainsi : « Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef; qu'il y eût un État.»


La France en guerre

Le 3 septembre 1939, la France entre en guerre, deux jours après l’invasion de la Pologne par les troupes d’Adolf Hitler. Après une drôle de guerre débilitante, le 10 mai 1940, c’est la débâcle après une offensive éclair de l’armée Allemande et les Français dispersés sur les routes de l’exode assiste impuissant à la déroute de leurs armées. Les Allemands triomphant défilent sur les Champs Elysées et la France, par la volonté de leur dirigeant coupe la France en deux. Le 22 Juin 1940, le Maréchal, Pétain appelé à prendre la tête du gouvernement signe l’armistice et pour quatre ans la plus grande préoccupation des Français sera de survivre, la peur au ventre craignant à chaque instant d’être arrêté soit pour être obligés d’aller travailler en Allemagne, soit pour être envoyer dans des camps, a cause de leurs origines, pour ne plus jamais en revenir.


Philippe Pétain

Paul Deschanel

Le maréchal Philippe Pétain chef de l'état français, militaire et homme politique, vainqueur de Verdun, Maréchal de France admiré par ses soldats "les poilus", ambassadeur de France auprès de Franco, chef de l'Etat-français dit "régime de Vichy" nomme Laval président du conseil. Après l'armistice la France subit l'occupation allemande. Le Maréchal Pétain, après sa rencontre avec Hitler à Montoire annonce une politique de collaboration. Le gouvernement promulgue un statut des juifs et met en place une politique basée sur la "Révolution nationale" dont la devise est "travail, famille, patrie", l'ordre de la francisque est créé. Arrêté par les allemands en août 1944 Philippe Pétain, est emmené à Sigmaringen. Lors de son procès à Paris en 1945, il est défendu par maître Isorni, condamné à mort, sa peine est commuée en détention à vie par le général de Gaulle, il est emprisonné à l'île d'Yeu où il meurt en 1951. Il repose dans le cimetière de port de Joinville contrairement à sa volonté d'être inhumé à Douaumont.

Le scandale des décorations

L'affaire débuta le 7 octobre 1887 lorsque la presse dévoila un trafic de décorations mis en place par Daniel Wilson, député d'Indre-et-Loire et gendre du président de la République Jules Grévy. L'enquête révéla que Wilson trafiquait de son influence pour négocier des participations d'hommes d'affaires dans ses entreprises en échange de l'obtention de décorations. Il avait revendu depuis un bureau de l'Élysée des milliers de décorations et notamment la Légion d'honneur pour 25 à 100 000 francs de l'époque ceci afin de verser des subventions à des journaux de province.

Le Président Jules Grévy

Parmi ses complices, on comptait le général Caffarel, deux maquerelles la dame Limouzin et la dame Ratazzi qui révélent, à la brigade des mœurs, que ces décorations se négociaient dans leurs maisons closes. C'est une ancienne prostituée, mademoiselle Henriette Boissier, qui dénonçat l'affaire. La rue, les journalistes, la classe politique mais surtout Georges Clemenceau et Jules Ferry utilisèrent cette affaire pour s'acharner sur le président Jules Grévy et le poussèrent à la démission le 2 décembre après un vote du Parlement. Sadi Carnot lui succéda, obtenant une majorité de suffrages notamment parce qu'en tant que ministre des Finances, il avait refusé des recommandations de Wilson


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L'Attentat à la Chambre des Députés

Explosion d'une bombe à la Chambre des députés, 9 décembre 1893.

Vers 16 heures, le 9 décembre 1893, une bombe d'une grande puissance est lancée dans l'hémicycle de la Chambre des députés. Une illumination éclaire la salle qui est envahit ensuite par la fumée. C'est aussi une grêle de projectiles qui s'abat sur les députés et les spectateurs assistant aux délibérations. Le Président Charles Dupuy en maintenant la séance fait preuve de sang-froid, de même que les parlementaires qui ne cèdent pas à la panique, certains d'entre-eux prêtant leur concours aux médecins arrivant sur les lieux.
Arrêté en compagnie de vingt autres personnes, Auguste Vaillant, un ouvrier parisien déclassé et converti récemment à l'anarchisme, avoue alors dans la nuit être l'auteur de l'attentat. Jugé quelques temps plus tard, il est exécuté le 5 février 1894, les jurés ne lui reconnaissant aucune circonstances atténuantes.
Vaillant leur avait fait remarquer que son geste était destiné à blesser et non à tuer. Il avait ainsi placé des clous et non des balles dans sa bombe, aussi aucune victime n'est à déplorer. L'intervention de sa fille auprès de l'épouse du Président, une pétition menée par l'abbé Lemire, que l'on trouve en bonne place parmi les blessés, n'infléchiront point Sadi Carnot qui refuse sa grâce à Auguste Vaillant.
Sur les lèvres des anarchistes, c'est désormais La Complainte de Vaillant, un texte écrit par F. Xan-Neuf et mis en musique par Charles Spencer, qui remplace La Ravachole.
Article rédigé Marc Nadaux, journaliste au Petit Parisien

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Sante Geronimo Caserio, l'assassin de Sadi Carnot

Sante Geronimo Caserio naît dans une famille paysanne. Il a de nombreux frères et sœurs et son père meurt, dans un asile, de la pellagre, une maladie provoquée à cette époque par une mauvaise alimentation chez les paysans qui se nourrissaient presque exclusivement de maïs. Ne voulant pas être à la charge de sa mère, qu'il aimait beaucoup, à l'âge de dix ans, il quitte la maison et gagne Milan. Il y trouve du travail comme apprenti chez un boulanger.


L'exécution de Casério


Il entre en contact avec les milieux anarchistes de la fin du XIXème siècle, fonde même un petit cercle anarchiste appelé « a pè » (« à pied », au sens de sans argent). Pietro Gori se souvenait de lui comme d'un compagnon très généreux ; il raconte l'avoir vu, devant la Bourse du Travail, distribuer aux chômeurs du pain et des brochures anarchistes qu'il faisait imprimer avec son maigre salaire. Il est identifié et fiché pendant une manifestation publique, et est forcé de fuir, d'abord en Suisse et ensuite en France.
Le 24 juin 1894, il tue le président Carnot pendant une cérémonie publique à Lyon en le frappant au foie à l'aide d'un couteau au manche rouge et noir, les couleurs qui symbolisent l'anarchie. Sadi Carnot décède quelques heures après. Après cet acte, il n'essaie pas de fuir, mais court autour de la voiture du moribond en criant « Vive l'anarchie ». Il passe en cour d'assises les 2 et 3 août et est guillotiné le 16 du même mois.
Devant le tribunal qui le condamne à mort, il dit entre autres :
« Eh bien, si les gouvernements emploient contre nous les fusils, les chaînes, les prisons, est-ce que nous devons, nous les anarchistes, qui défendons notre vie, rester enfermés chez nous ? Non. Au contraire, nous répondons aux gouvernements avec la dynamite, la bombe, le stylet, le poignard. En un mot, nous devons faire notre possible pour détruire la bourgeoisie et les gouvernements. Vous qui êtes les représentants de la société bourgeoise, si vous voulez ma tête, prenez-la. »
Au procès, en effet, il ne tenta jamais de renier son geste :
« Il n'y a rien de changé en moi, et je referais encore s'il était à refaire l'acte pour lequel je vais être jugé. »
Il ne demande pas non plus la pitié du jury. La possibilité lui est offerte de plaider la maladie mentale mais en paiement il aurait dû livrer les noms de quelques complices, il refuse donc (« Caserio est boulanger, pas espion »). En cellule, pendant qu'il attendait l'exécution, on lui envoie le curé de Motta Visconti pour le confesser, mais il refuse de l'entendre et le chasse. Sur l'échafaud, finalement, un instant avant de mourir, il lance à la foule :
« Courage, les amis ! Vive l'anarchie ! ».
Après la condamnation de Sante Caserio, il y eut divers actes de violence et d'intolérance d'une partie des Français contre les travailleurs italiens, compatriotes de l'assassin de leur président. Un anarchiste est arrêté pour avoir crié dans un local public sa sympathie envers Caserio et un détenu est violemment frappé pour le même motif. Le geste criminel de l'anarchiste italien trouvait une certaine résonance chez d'autres anarchistes français.
L'assassinat qu'il commet entraîne le vote par l'Assemblée de la troisième des lois dites « scélérates » dont le but était de compléter l'arsenal répressif contre les menées anarchistes

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La Mort du président Félix Faure
La Mort du président Félix Faure

La Mort du président Félix Faure

c'est surtout sa fin heureuse qui est restée dans les annales. Le 16 février 1899, les collaborateurs de Félix Faure entendent des cris venant du "salon bleu". Ils accourent et trouvent le président suffoquant, les mains crispées sur la chevelure en désordre d'une demi-mondaine, Marguerite Steinheil. Cette dernière, à demi dévêtue, appelle à l'aide : il faut la libérer et on est finalement obliger de lui couper les cheveux. La jeune femme se rhabille à une vitesse telle qu'elle oublie son corset à l'Elysée. L'anecdote est connue : "Le président a-t-il encore sa connaissance ?" demande le curé venu lui porter l'extrême-onction. "Non, monsieur l'abbé, elle est partie par une porte dérobée", lui répond-on. Le Président meurt quelques heures plus tard, d'une congestion cérébrale. L'affaire défraie la chronique et donne lieu à des plaisanteries plus plaisantes les unes que les autres, et alimente les textes des chansonniers. C'est de là, bien sûr, que Clemenceau tira sa fameuse répartie "Il a voulu vivre César et il est mort Pompée". La belle, quant à elle, gagna comme surnom celui de "pompe funèbre".

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La Une du Petit Journal

Paul Déroulède

Paul Déroulède est un poète, auteur dramatique, romancier et militant nationaliste français, né à Paris le 2 septembre 1846 et mort sur le mont Boron (Nice) le 30 janvier 1914 (à 67 ans). Son nationalisme intransigeant et son revanchisme en font un acteur important de la droite nationaliste française. Albert Lebrun

Lors de l'affaire Dreyfus (1894 - 1906), Paul Déroulède, quoique défendant l'armée, croit Dreyfus innocent; d'ailleurs, malgré ses préjugés certains contre les Juifs, il a toujours refusé l'antisémitisme politique et n'a jamais rallié le slogan « À bas les juifs ». Profitant des obsèques de Félix Faure en 1899, il tente le coup d'État que le général Boulanger avait refusé dix ans plus tôt. Il tente en effet de faire tourner bride au général Roget et à ses troupes pour prendre l’Élysée. Arrêté, jugé en haute cour, relâché et, finalement, banni (expulsé en Espagne), il bénéficie d'une amnistie en 1905. Il renonce à sa carrière politique après l'échec des élections de 1906 dans son département de la Charente. Il faut noter que parmi les transformations qu'il a demandées dans le domaine constitutionnel, beaucoup se sont retrouvées dans la constitution de la Ve République. Le personnage est complexe dans la limite où il a porté un jugement sévère sur ses poèmes et chansons, dont il savait bien la nature d’œuvres de propagande, donc vouées à l’éphémère. Il estimait cependant ce sacrifice nécessaire.

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Paul Deschanels

Dans la nuit du 23 au 24 mai 1920, un homme est retrouvé errant en pyjama sur les voies de chemin de fer près de Montargis. L’homme, on va le découvrir, n’est pas n’importe qui. Il s’agit du Président de la République d’alors, Paul Deschanels. L’affaire qui va faire la une des journaux et la risée de l’opinion, le conduira à la démission

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L'assassin de Paul Doumer

Paul Gorgulov lors de son procès

Paul Gorgulov ou Gorguloff, né en 1895 à Labinskaia (région du Kouban, Russie) et guillotiné le 14 septembre 1932 à Paris, est l'assassin du président français Paul Doumer.
Issu d’une famille de paysans caucasiens aisés, il étudia la médecine puis fut mobilisé au moment du déclenchement de la Première Guerre mondiale durant laquelle il aurait été gravement blessé à la tête. Durant la révolution russe de 1917, il combattit aux côtés des armées blanches, puis alla en Pologne où il fit la connaissance de Boris Savinkov, un révolutionnaire anti-bolchevik. Il alla ensuite en Tchécoslovaquie et obtint son diplôme de médecine à Prague tout en publiant ses premiers poèmes. On lui interdit cependant d’exercer après avoir commis des avortements illégaux et il fut expulsé du pays pour cette même raison.
Il partit donc pour Paris où il fit la connaissance de sa troisième femme, qui était d’origine suisse. Il résidait à Nice lorsqu'il reçut un arrêté d’expulsion pour exercice illégal de la médecine. En septembre 1931, il obtint un permis de séjour délivré par la principauté de Monaco, où il séjourna jusqu'au 4 mai 1932, ainsi qu'un certificat d'identité valable jusqu'en août 1932.
Alors qu’il séjournait à Paris, le 6 mai 1932 vers 15 heures il assassina de trois coups de pistolet automatique le président de la République Paul Doumer, qui honorait de sa présence l'Association des écrivains combattants à l'hôtel Salomon de Rothschild, rue Berryer à Paris. Arrêté sur le champ après avoir opposé une vive résistance, il manqua de se faire lyncher par les hommes présents sur les lieux.
Il déclara avoir assassiné le président Doumer pour se venger de la France parce que celle-ci ne voulait pas intervenir en Russie contre les bolcheviks. On découvrit sur lui des coupures de journaux concernant les derniers livres parus et les prochains déplacements du président, ainsi qu'un plan de Paris et un carnet sur lequel était écrit : « Mémoire de Paul Gorguloff, chef Président des fascistes russes. Qui a tué le Président de la République française ».
Le procès de Paul Gorgulov s'ouvrit devant la cour d'assises de la Seine le 25 juillet 1932. Le surlendemain, rejetant la démence, les jurés le condamnèrent à mort. La cour de cassation rejeta le pourvoi de Gorguloff le 20 août 1932. Il est guillotiné par Anatole Deibler le 14 septembre à la prison de la Santé, malgré les protestations de la Ligue des droits de l'homme.


L'Étrange Défaite

L'Étrange Défaite. Témoignage écrit en 1940 est un témoignage sur la bataille de France écrit en 1940 par Marc Bloch, officier et historien, qui a participé aux deux guerres mondiales. Dans ce livre, il ne raconte pas ses souvenirs personnels, mais il s'efforce, en témoin objectif, de comprendre les raisons de la défaite française lors de la bataille de France pendant la Seconde Guerre mondiale. Rédigé sur le moment, L'Étrange Défaite a marqué les esprits dès sa parution par la pertinence des constats qui y sont faits


Nous voulons vivre, et vivre pour vaincre. Or ayons le courage de nous l’avouer, ce qui vient d’être vaincu en nous, c’est précisément notre chère petite ville. Ses journée au rythme trop lent, la lenteur de ses autobus, ses administrations somnolentes, les pertes de temps que multiplie à chaque pas un mol laisser-aller, l’oisiveté de ses cafés de garnison, ses politicaillerie à courtes vues, son artisanat de gagne petit, ses bibliothèques aux rayons veufs de livres, son goût du déjà vu et sa méfiance envers toute surprise capable de troubler ses douillettes habitudes : voilà ce qui a succombé devant le train d’enfer que menait contre nous le fameux « dynamisme » d’une Allemagne aux ruches bourdonnantes. Ne fût-ce qu’afin de préserver, dans notre vieux patrimoine, ce qui peut et doit être, il nous faut l’adapter aux nécessités d’une aire nouvelle. La voiture à âne était peut-être un mode de transport bonhomme et charmant. Mais, à refuser de lui substituer, là où cela est souhaitable, l’auto, nous finirons par nous voir enlever jusqu’à nos bourricots. Or, pour faire du neuf, il faut d’abord s’instruire. Si nos officiers n’ont pas su pénétrer les méthodes de la guerre qu’imposait le monde d’aujourd’hui, ce fut, dans une large mesure, parce qu’à ce monde notre bourgeoisie, dont ils étaient issus, fermait trop paresseusement les yeux. Nous serons perdus si nous nous replions sur nous-mêmes, sauvés, seulement, à condition de travailler durement de nos cerveaux, pour mieux savoir imaginer plus vite

 

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