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La Chapelle du Château de Versaille (78)


L'Abbaye de Bonne-Dame-de Bourg-Dieu
La Chapelle du Château de Versaille

La Chapelle s'élève au côté droit, à la place où se trouvait autrefois la grotte de Thétis, transportée au bosquet d'Apollon. L'ancienne chapelle du château de Louis XIII, située près de l'escalier de marbre, fut démolie ; Louis XIV la fit reconstruire à l'endroit où se trouve maintenant le salon d'Hercule ; lorsque madame de Maintenon put exercer son influence, Mansart fit disparaitre la grotte voluptueuse, ornée par Girardon et célébrée en vers par Lafontaine ; il bâtit la chapelle actuelle, son dernier ouvrage, merveille d'art conservée avec tant de bonheur au milieu des révolutions, qu'après une simple restauration, elle semble être achevée seulement aujourd'hui.
On remarque, à l'extérieur, la pureté des pilastres corinthiens, les archivoltes des grandes fenêtres, où sont des enfants portant les attributs du culte catholique. Ces admirables sculptures sont de Tuby, Offement, Armand, Defer, Bourdict, Raon, Grettepin, Yigier, Rousseau, de Corbeil, Dedieu, Francois et Foiriot.
La balustrade supérieure est ornée de vingt-huit statues de pierre, de la hauteur de trois mètres.. Elles représentent du côté parc, saint Thomas et saint Jacques-le-Mineur, par Manière; saint Jacques-le-Majeur et saint André, par Théodon ; saint Paul et saint Pierre, par Poirier; saint Jérôme et saint Augustin, par Coustou; saint. Grégoire et saint Ambroise, par Lepautre. Au Chevet, les quatre évangélistes, par Van Clève; et, du côté du nord, saint Basile et saint Athanase, par Poultier; saint Chrysostome, par Flamen: saint Grégoire de Naziance, par Hurtrel ; saint Philippe et saint Barthelemy, par Flamen; saint Simon et saint Jude, par Lemoine; saint Barnabé, par Bourdict; saint Mathias, par Lapierre.

L'Abbaye de Bonne-Dame-de Bourg-Dieu
Louis XIV - Fronton des Invalides

Les ornements du comble sont en plomb; le temps en a détruit la dorure. Aux deux extrémités sont des groupes d'anges, par Lepautre et Coustou.
A l'intérieur, rien ne peut se comparer à la richesse, à l'élégance, des ornements. Le maitre-autel est en marbre et en bronze doré. Les autels et chapelles des bas-côtés, richement décorés, sont orner, de bas-reliefs par Coustou, Adam l'aîné, Vinache Bouchardon, Lepautre, Slodtz ; les peintures par Jouvenet; Coypel a représenté, au plafond de la voûte, le Père éternel dans sa gloire; Lafosse dans la voûte du chevet, la Résurrection de Jésus-Christ ; et Jouvenet, au-dessus de la tribune du roi, située au premier étage, vis-à-vis le maître-autel, a exécuté un chef-d'oeuvre: la Descente du Saint-Esprit !
A ce luxe, s'ajoutait autrefois la pompe des cérémonies. On y célébra les mariages du duc de Berry, petit-fils de Louis XIV, avec mademoiselle d'Orléans : du duc de Bourbon avec mademoiselle de Conti; du prince de Conti avec mademoiselle de Bourbon ; de Madame, première fille de Louis XV, avec don Philippe, infant d'Espagne ; du duc de Chartres avec mademoiselle de Conti ; du dauphin avec l'infante d'Espagne; du dauphin Louis XVI avec l'archiduchesse Marie-Antoinette.
Dans toutes ces fêtes, la grandeur royale ne disparaissait pas - toujours devant la majesté divine, et nous ne décrirons pas les minuties de-L’étiquette qui s'imposaient jusque dans cette chapelle. Saint-Simon nous dit que le roi Louis XIV voulait que ses courtisans imitassent sa piété, et que leur ferveur fût modelée sur la sienne. Il conte à ce sujet une histoire assez plaisante, que plusieurs auteurs ont rapportée après lui. Brissac, major des gardes du corps, était doué d'une franchise toute militaire et ne pouvait souffrir l'hypocrisie. Il avait remarqué que les tribunes étaient garnies de dames, même au plus froid de l'hiver, les jeudis et les dimanches, où le roi manquait rarement d'assister au salut, et que, par contre, il n'en venait qu'un très-petit nombre quand de bonne heure on avait pu savoir que Sa Majesté ne viendrait pas. Ces dames, sous prétexte de déchiffrer plus facilement leurs livres d'Heures, avaient toutes devant elles des petites bougies qui les faisaient parfaitement remarquer et reconnaître. Un soir que le roi devait aller au salut, les tribunes étaient encombrées et les gardes à leur poste ; tout à coup le major Brissac paraît à la tribune vide du roi, lève son bâton et crie : Gardes du roi, retirez-vous ; le roi ne viendra pas. Aussitôt les gardes se retirent, des murmures circulent dans la foule des femmes, les bougies s'éteignent, et les voilà toutes s'éloignant, à l'exception de quelques dames véritablement pieuses. S'assurant que les femmes étaient parties, Brissac fait revenir les gardes ; presque aussitôt arrive le roi, bien surpris de ne voir personne, et demandant par quelle circonstance il y a si peu de monde au salut. Au sortir de Sa Majesté, Brissac lui raconta l'épreuve à laquelle il avait mis la piété des dames de sa Cour ; le roi et ceux de sa suite en rirent de bon cœur ; et le major, tout brave qu'il était, n'osait, depuis ce temps, passer seul près de ces dames, craignant d'être étranglé.


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