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L'Abbaye de la Sauve Majeures (33)


L'Abbaye de Bonne-Dame-de Bourg-Dieu
L'Abbaye de la Sauve Majeures

La Sauve doit son origine à un ancien monastère, fondé sur la fin du XIème siècle par saint Géraud moine de Corbie ; il avait traversé sans en recevoir d'atteinte les orages de la première Révolution et il était devenu une propriété sénatoriale, lorsque, acquis par des propriétaires avides, il est tombé sous le marteau démolisseur du vandalisme et de l'ignorance.
Pas un seul débris ne reste de sa grande nef, ni de ses chapiteaux byzantins, ni de ses colonnes si richement sculptées.
L'abbaye de La Sauve devait sa célébrité et ses richesses aux miracles opérés par l'intercession de saint Géraud, son fondateur. Les évêques d'Agen, en 1096, et de Périgueux, en 1102, donnèrent l'exemple des libéralités en sa faveur ; ils furent imités par les ducs d'Aquitaine et les rois d'Angleterre. Éléonore avait ajouté à d'autres dons le droit d'asile. L'église paroissiale, aujourd'hui classée parmi nos monuments historiques, avait été construite par Grimmoire, devenu depuis évêque de Comminges ; la dédicace en avait été célébrée, le 24 août 1231, par Géraud, archevêque de Bordeaux.
Henri III d'Angleterre convoqua à La Sauve, pour les réconcilier, les seigneurs de Blanquefort et de Fronsac, qui étaient en guerre.
L'abbé avait, ce qui était alors presque général, droit de haute justice sur les habitants des domaines du monastère; mais ce qui semble plus particulier à celui de La Sauve, c'est que les moines faisaient l'office de bourreaux, fouettant et pendant de leurs propres mains ceux qu'ils avaient condamnés. Il paraît au reste que la vue du sang les effrayait peu ; car, à propos d'une contestation sur la propriété d'un pré où se livraient les combats judiciaires, nous lisons « Le juge, l'abbé et les religieux vous informent que le pré, où la lice a été ouverte pour le duel, est compris dans la sauveté du monastère. »
Montluc devait avoir une haute estime pour des moines de ce caractère; aussi, pendant les guerres de religion, vint-il passer quelques joués à La Sauve avant la bataille de Targon. Le temps avait sans doute modifié les mœurs de l'abbaye, lorsque Montesquieu venait de sa terre, qui en est voisine, faire de fréquentes visites à La Sauve.
De juges et de bourreaux, les moines étaient devenus savants ; La Sauve était le rendez-vous des beaux esprits de la province. Malgré cela, une puérile et superstitieuse tradition subsistait encore au siècle dernier parmi les pèlerins de La Sauve les femmes de la contrée, qui se rendaient dans l'église de l'abbaye, après avoir fait une prière, allaient déposer, sur un autel dédié à sainte Pointe, sancta Puncta, des épingles neuves que le sacristain recueillait avec soin.


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